Enquête
réalisée par l'ARC « d’accord /pas d’accord » sur des mesures déjà en
place dans d’autres pays européens : Les français et la copropriété
Enquête réalisée par l’ARC
(Association des responsables de copropriété) auprès
des participants du colloque sur l’Europe organisé
par elle le 21 septembre 2007 au Sénat.
Il s’agissait de savoir comment les personnes
présentes se positionnaient par rapport à des
mesures déjà en place dans d’autres pays européens
et dont l'ARC réclame - pour certaines -
l’instauration en France depuis des années.
I- Quatre thèmes
qui font vraiment consensus (entre 82 et 92 %)
1. Le compte séparé devrait être vraiment
obligatoire (pas de dérogation possible) ; d’accord
= 92,94 %
Près de 93 % des participants réclament donc un
compte bancaire séparé sans dérogation possible.
Comme il y avait 5 % de syndics à notre Colloque, et
qu’on peut penser que ces 5 % n’ont pas souscrit à
la demande de compte bancaire séparé, cela veut dire
que près de 100 % des autres participants réclament
le compte bancaire vraiment obligatoire, comme cela
se passe d’ailleurs dans tous les autres pays
d’Europe. Combien d’années faudra-t-il encore pour
que nous obtenions gain de cause sur un sujet aussi
clair et aussi consensuel ?
2. Il faudrait instituer un fonds travaux
obligatoire sécurisé ; d’accord = 77,65 %
Voilà encore un résultat surprenant et très
important. Alors que les Ministères de la Justice et
du Logement tergiversent sur ce sujet déterminant,
plus des trois quarts des participants à notre
Colloque jugent cette mesure indispensable.Cela prouve qu’ils sont aussi intelligents
que les responsables politiques des grands pays
européens et américains qui n’ont pas attendu pour
mettre en place cette mesure indispensable de «
bonne gouvernance » des copropriétés.
Naturellement il faut mettre en place des «
sécurités » pour éviter que ces « fonds » ne
deviennent un cadeau pour les syndics.Nous avons beaucoup d’idées à ce sujet.
3. En cas de » vacance » du syndic ou
d’empêchement, la convocation de l’assemblée devrait
pouvoir être faite par le président du conseil
syndical ; d’accord = 82,35 %
Là encore chacun se ligue contre l’incroyable et
coûteuse lourdeur qui impose aux copropriétés
dépourvues de syndic de s’adresser (par voix
d’avocats) au Président du Tribunal de Grande
Instance pour faire nommer un administrateur
judiciaire qui convoquera une assemblée !! Pourquoi
faire cher et compliqué quand on peut faire bon
marché et simple ?
4. Il faudrait mettre en place des procédures de
médiation officielle ; d’accord = 91,03 %
Les problèmes en copropriété ne font que croître et
le développement de la copropriété n’améliorera pas
la situation.Face à la
lourdeur et à la relative inefficacité judiciaire,
la médiation semble, à l’évidence, à TOUS un moyen
indispensable à mettre en place pour traiter les
difficultés.Là encore il est
urgent qu’au-delà des vœux unanimes de tous, des
dispositifs et des moyens adaptés puissent être mis
en place et testés.
II- Trois
thèmes pour lesquels se dégagent une nette majorité
(entre 64 % et 70 %)
À côté des thèmes qui font consensus, on relève
trois thèmes pour lesquels se dégagent une nette
majorité.
1. Les délais de
convocation aux assemblées générales devraient
courir à partir du dépôt à la Poste par LRAR et non
à partir de la date de réception ; d’accord = 68,33
%
Les délais
actuels sont totalement irrationnels : non seulement
le délai minimum a été allongé (21 jours) mais ce
délai court à partir de la date de la première
présentation par la Poste. Or aujourd’hui plus
personne ne maîtrise les délais de la Poste, ce qui
fait que pour être à peu près sûr que les délais
seront respectés il faut désormais envoyer une
convocation 5 semaines avant l’assemblée générale !
En plus du
fait que ceci complique la tâche du syndic et du
conseil syndical, cela a des effets secondaires
négatifs :
- plus grande difficulté pour les copropriétaires
d’envoyer une question à inscrire à l’ordre du jour
dans les temps ;
- plus grande difficulté à joindre tous les
documents obligatoires (donc insatisfaction et
insécurité juridique).
Il faut donc revenir à un délai raisonnable.
Notre proposition est que le délai de 21 jours court
à partir de la date de dépôt de la Poste. Les autres
pays européens ne font pas autrement. Pourquoi pas
nous ?
2. La loi ne
devrait pas s’imposer intégralement aux toutes
petites copropriétés ; d’accord : 67,41 %
Les participants
à notre Colloque sont aussi pragmatiques que les
Européens. C’est bien. Il est en effet choquant
qu’on impose à des copropriétés de 3 lots le même
formalisme qu’à des copropriétés de 800 lots. Là
encore, saurons-nous nous adapter à la réalité, à
l’exemple d’autres pays européens ? Nous l’espérons.
3.Les copropriétaires
absents non-représentés en assemblée générale ne
devraient pas pouvoir contester les assemblées
générales ; d’accord : 63,53 %
Bon moyen de lutter contre l’absentéisme et
l’absence de représentation, cette mesure dégage,
elle aussi, une majorité confortable. Pourquoi, là
encore ne pas ouvrir un débat juridique ? Y
aurait-il des tabous ?
III- Un
thème faisant l’objet d’une faible majorité
Il faut retirer le droit de vote aux
copropriétaires débiteurs de plus un trimestre de
charge ; d’accord = 58 %
Cette mesure - appliquée en Espagne mais aussi au
Québec - recueille une majorité, mais la plus faible
majorité obtenue parmi les diverses questions
posées.Cela veut dire que
nos participants ne sont pas du genre « répressif »,
sans doute.Cela veut dire,
néanmoins, qu’une telle mesure pourrait être
introduite dans la loi avec l’accord d’une bonne
majorité de nos concitoyens. Là encore, un débat
pourrait au moins être instauré à ce sujet. C’est ce
que nous allons demander à la Chancellerie de faire.
IV- UN
thème faisant l’objet d’un rejet
Il devrait y avoir solidarité entre vendeur et
acquéreur en cas d’impayés de charges ; ne sont PAS
d’accord : 67,06 %
Ce résultat est un peu surprenant car, grâce à cette
disposition, les pays européens qui l’ont adoptée
ont résolu le problème des charges irrécouvrables.En effet, en cas de vente judiciaire d’un
lot, les copropriétaires doivent souvent et malgré
le superprivilège (limité dans le temps) prendre en
charge des créances irrécouvrables alors même que
l’acheteur peut faire une excellente affaire.Mais sans doute les réponses sont-elles dues
au fait que les copropriétaires ont peur d’avoir à
supporter (en cas d’acquisition normale) de très
mauvaises surprises.
Dont acte.
Cela ne doit néanmoins pas nous empêcher, là encore,
d’instaurer un débat.
Rappelons, d’ailleurs qu’en France, cette solidarité
existe déjà dans le cadre des A.S.L. (Association
Syndicale Libre).
CONCLUSION
Les résultats de cette enquête auprès d’un public si
averti sont sans appel : au moins sept thèmes
trouvent un écho très fort et devrait donner lieu à
une prise en compte par les pouvoirs publics. Nous
allons d’ailleurs communiquer ces résultats aux
ministres concernés (Ministre de la Justice et
Ministre du Logement) ainsi qu’aux onze autres
membres de la Commission Relative à la Copropriété
en espérant que cette inspiration « européenne »
pourra être prise en compte par tous.
Profils des 350
personnes présentes au colloque :
30 % :
conseillers syndicaux ou syndics bénévoles,
8 % : responsables d’associations nationales ou
régionales de copropriétaires ou de consommateurs,
20 % : avocats - juristes – notaires,
5 % : syndics professionnels,
12 % : fonctionnaires ou haut-fonctionnaires en
charge des problèmes du logement (ANAH ; Conseils
Régionaux ou Généraux, Mairies, etc.,
3 % : journalistes de Presse,
11 % : Intervenants dans les copropriétés,
3% : divers (prestataires, banquiers),
8 % : copropriétaires étrangers ou dont la qualité
n’a pas été identifiée.
Comme on le
constate, ces personnes sont toutes très impliquées
dans le monde et le fonctionnement de la
Copropriété, mais aussi le plus souvent exercent à
des postes de responsabilité.
Cet échantillon est donc particulièrement
intéressant, ce qui, pour nous, signifie que les
résultats obtenus sont d’autant plus pertinents et
importants.