Faut-il craindre une
aggravation du soft landing ?
L’atterrissage en
douceur du marché résidentiel, que nous pronostiquonsdepuis deux ans, est désormais clairement en
place. Lesventes plafonnent, et
se réduisent un peu en Île-de-France, lesstocks remontent, les prix freinent nettement, la
production de crédithabitat
ralentit assez sensiblement.
Le problème est de
savoir si ce mouvement va se poursuivre graduellementet déboucher sur une forme de stabilisation du
marchéou si un scénario plus
violent est possible.
La crise en cours du marché immobilier américain nourrit
les inquiétudes.Mais cette crise
touche principalement le segment « subprime »des clients très à risque, qui n’a pas
d’équivalent en France. Un krach
généralisé et marqué de l’immobilier américain nous
semble peu probable.Et, s’il se
produisait, sa transmission sur le marché français
devraitrester assez limitée.
D’autres inquiétudes apparaissent.En particulier, l’idée d’un recours massif à des
crédits de trèslongue durée,
40-50 ans, à taux variable. Ceci permet decontourner la contrainte de solvabilité et de
redynamiser le marchémais risque
à terme de rendre les prix franchement surévaluéset d’entraîner une forte montée des défauts.
Enfin, rappelonsqu’une forte
hausse des taux longs conduirait à une correctionbaissière marquée du marché immobilier.
Ces divers risques
restent toutefois peu probables et le scénariole plus vraisemblable demeure une poursuite du
mouvement desoft landing. Les
prix, quoique très élevés, ne sont pas clairementsurévalués. La hausse cumulée de 130 % dans
l’ancien depuis1996 a été en
grande partie compensée par un recul continu destaux de crédit habitat. Le marché est, à tous
égards, beaucoupmoins risqué que
lors du cycle précédent (qui avait culminé en1991), les comportements spéculatifs sont
limités, on ne peut pasparler de
« bulle immobilière ». Le marché est « raisonnable »,animé principalement par des particuliers, avec
une demande potentiellement
forte, motivée par de nombreux facteurs structurels. Lecontrôle du risque par les établissements
prêteurs est élevé. Il n’y apas
de risque intrinsèque marqué d’une dérive vers une
surévaluationmarquée des prix et
un retournement brutal du marché.
Avec des prix
devenant de plus en plus dissuasifs et des taux decrédit habitat remontant légèrement, les
acheteurs butent sur la
contrainte de solvabilité et les investisseurs
deviennent plus hésitants
(notamment sur les produits Robien). La demande devientainsi moins forte, plus prudente et plus
sélective. Avec une offreun peu
plus marquée, notamment dans le neuf, les ventes
reculentdoucement, les stocks
remontent et les prix ralentissent. Dansl’ancien, les prix devraient finir par se
stabiliser, voire baissertrès
légèrement au cours des prochains trimestres.