Les loyers du
marché locatif privé en 2006 et les perspectives pour 2007
Les tendances
récentes des marchés locatifs privés
Après un début
d’année 2004 assez morose, le marché locatif privé avait
retrouvé progressivementplus de
vigueur durant les mois d’été, sur la quasi-totalité du
territoire métropolitain. Le regaind’activité qui s’était d’ailleurs constaté comme
chaque année à la même époque avait cependant étéplus vif qu’à l’habitude. Et l’année 2004 s’était
terminée dans de bonnes conditions : le taux demobilité résidentielle s’était ainsi redressé de
façon marquée (30.1 % en 2004 contre 28.9 % en2003, après le décrochage des marchés locatifs
privés) et le rythme de progression des loyers s’étaitnettement relevé (+ 5.8 % en 2004 contre + 2.2 %
en 2003).
L’année 2005 avait
commencé suivant le même scénario. Le constat qui
pouvait être dressé à la finde
l’hiver semblait en effet préoccupant. Cependant, avec
l’arrivée de l’été, partout les marchés
locatifs privés ont retrouvé plus de vigueur. La
mobilité résidentielle des ménages s’est alors établieà 29.7 % sur l’ensemble de l’année : au niveau
qu’elle atteint habituellement durant les bonnesannées, sur le marché locatif privé. Et la
progression des loyers de marché s’est maintenue à hautniveau (+ 5.1 % en 2005 contre + 3.8 % chaque
année, en moyenne entre 1998 et 2006).Cependant, les délais moyens de remise en
location se sont allongés, les portefeuilles de biensdisponibles à la location ont enflé, les taux de
révision sur propositions de loyer ont augmenté … Cen’était pas encore le « retour de la crise » :
loin s’en faut puisque la situation était à la fin de
2005comparable à ce qu’elle
était au début des années 2000 et qu’alors tout
paraissait aller bien ! Mais le
marché locatif privé avait dans l’ensemble perdu de sa
vigueur. La mobilité résidentielle deslocataires avait commencé à fléchir, en réponse
aux hésitations de la demande.
L’environnement
économique du marché locatif privé s’est alors à nouveau
détérioré au cours dupremier
semestre 2006 : morosité économique et dégradation du
climat social sont venues renforcerles hésitations qui prévalaient jusqu’alors, la
demande ne paraissant guère convaincue par la baissedu chômage. Alors, à l’image du moral des ménages
qui se cherche depuis plus d’un an, l’activité dumarché a hésité : et comme les mois d’hiver sont
traditionnellement des mois creux pour la gestionlocative, le paysage a été sans éclat jusqu’au
milieu du printemps. La reprise habituelle du marchédurant les mois d’été n’a pas permis de
totalement gommer les conséquences d’un mauvais débutd’année : sur beaucoup de marchés l’année 2006
s’est donc terminée comme elle avait commencée,sans éclat.
Cela n’a
évidemment pas manqué de peser sur l’équilibre du marché
(moindre fluidité, allongement
des délais de remise en location, accroissement des
exigences des candidats à la location …). Lespropositions de loyers des propriétaires ont dû
largement tenir compte de cela pour faciliter une miseen relocation rapide des biens. Et si tous les
segments de marché sont concernés, ce sont les petitslogements (2 pièces et moins) pour lesquels
l’évolution est la plus sensible : la demande y a étéparticulièrement affectée par les hausses des
loyers de ces dernières années, alors que les aidespersonnelles n’étaient quasiment pas
revalorisées.
Le temps des
hausses rapides de loyer paraît donc maintenant terminé.
Et dans ce contexte de
relâchement général de la pression de la demande,
l’effort d’amélioration et d’entretien du parcrecule dangereusement.
Pour certains marchés qui avaient fait preuve d’une
vigueur insolente au cours des dernières années,le « retour au calme » est alors spectaculaire.
Cela est le cas sur le littoral méditerranéen, parexemple : à Marseille, avec + 4.0 % des loyers de
marché en 2006 contre + 6.9 % chaque année, enmoyenne entre 2000 et 2006 ; à Hyères, avec + 0.5
% contre + 5.3 % auparavant ; à Nice, avec + 2.9% contre + 5.0 % auparavant ; à Aix en Provence,
avec + 3.4 % contre + 6.0 % auparavant … . Maiscela se constate aussi sur la Côte Basque : à
Anglet, avec + 3.9 % contre + 6.1 % auparavant ; àBiarritz, avec + 3.7 % contre + 5.1 % auparavant
; à Bayonne, avec + 1.7 % contre + 5.1 %auparavant …
Dans l’ensemble,
même si le marché locatif privé n’est pas « en crise »,
il ne paraît donc pas au
mieux de sa forme : il souffre partout de son
environnement économique et social et parfois, àMarseille par exemple, de la concurrence que
l’offre nouvelle de la promotion immobilière propose
(changement de statut d’occupation, déplacement de la
demande de l’ancien vers le neuf). Pourautant, l’activité reste encore à bon niveau :
tout au plus a-t-elle perdu quelquefois un peu de savigueur en comparaison des années d’euphorie du
marché (Marseille) et même parfois, elle affichedes signes de renouveau, après plusieurs années
de détérioration (Lyon ou Paris).
Mais partout il
est vrai que le marché est plus difficile que par le
passé : moindre fluidité,
allongement des délais de remise en location,
accroissement des exigences des candidats à lalocation ... Ainsi, dans un marché qui n’est pas
très vaillant, la tendance des loyers de marchéobservée jusqu’à présent n’est pas à l’euphorie.