Marché de
l'ancien au 2ème trimestre 2007 : le marché à l'épreuve des mesures du
Gouvernement
«
Une France de propriétaires ! » A l’heure où le marché
connaît des rythmes de progression modérés, de l’ordre
de 5.5% en base annuelle, les clientèles hésitantes
pourraient bien passer à l’acte au second semestre 2007.
Celles privilégiant la location pourraient bénéficier,
quant à elles, d’un ralentissement de la hausse des
loyers qui évoluent à un rythme annuel de 2.1%.
Alors
qu’ils étaient restés stables au cours du 1er trimestre
2007, les prix des logements anciens se sont ressaisis
au cours du 2ème trimestre 2007. Et si les trois légères
hausses observées au cours des mois d’avril (+0.7%), de
mai (+0.2%) et de juin (+1.0%) placent leur rythme de
progression trimestriel à 2%, elles ne remettent pas en
cause, pour autant, les évolutions modérées depuis plus
de six mois maintenant.
En
effet, sur un an, les prix enregistrent toujours une
hausse moyenne de 5.5%, homogène sur le marché des
appartements (+5.6%) et sur celui des maisons (+5.3%).
Toutefois, à l’heure où les relèvements successifs des
taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne
marquent la fin d’une période de taux historiquement bas
et se traduisent par une pression de la hausse du coût
des crédits, la solvabilité des ménages peine à tirer
profit du ralentissement de la hausse des prix. Cette
dernière se dégrade même légèrement de 0.2% sur un an.
Néanmoins, si l’alourdissement des charges d’intérêts
continue d’être modéré en raison d’une tendance toujours
prononcée à l’allongement de la durée des crédits, et si
l’évolution du revenu des ménages reste bien orientée,
la solvabilité devrait se maintenir à niveau dans les
prochains mois. Elle pourrait même tirer profit d’un «
futur » crédit d’impôt sur les emprunts immobiliers. Car
même si l’avantage fiscal généré par la mesure n’est pas
constitutif d’apport personnel et, en ce sens, non
inflationniste, il est de nature à favoriser la
consommation et générer des effets directs sur la
croissance.
Une évolution du revenu des ménages bien
orientée
Le
pouvoir d’achat des ménages devrait s’inscrire en
progression de 3,0% en 2007 après 2,3% en 2006.
Une nette accélération de 0,6% liée à deux causes
principales :
- le reflux de l’inflation, à 1,2% en 2007 après 1,7% en
2006 : le recul des prix du pétrole dans un contexte de
ralentissement de la croissance mondiale et la remontée
de l’euro en 2006 par rapport au dollar et aux monnaies
asiatiques devraient tirer vers le bas les prix des
biens importés ;
- le recul des impôts versés par les ménages dès le
premier trimestre 2007 explique le pic de croissance du
revenu disponible brut à ce moment de l’année, en raison
d’une baisse de l’impôt sur le revenu, du contrecoup de
la fiscalisation des PEL des plus de 10 ans intervenue
début 2006 (effet de base)… et de la mise en place du
bouclier fiscal instauré par la loi de Finances 2007.
Par ailleurs, en raison de la reprise observée de
l’emploi salarié, les revenus d’activité restent
orientés sur une croissance de 4% en 2007, contre 3,8%
en 2006, et ceci en dépit d’un recul de l’excédent brut
d’exploitation des entrepreneurs individuels lié à la
modération de l’activité dans le
secteur de la construction.
Vers un nouvel
encouragement à l’investissement locatif
Pour encourager l’investissement locatif privé dans
l’ancien, si les régimes d’amortissement « Robien
recentré » et « Borloo populaire » apparaissent
contraignants dans leur mise en oeuvre, une attention
particulière mérite d’être accordée au « Borloo ancien
». En effet, en raison d’une incohérence entre les
plafonds exigés par l’option et les loyers pratiqués sur
les autres segments du marché, il est à craindre que ce
dernier ne retienne pas tout l’intérêt des investisseurs
comme en témoigne le timide démarrage des nouveaux
conventionnements ANAH depuis octobre 2006.
A
l’image des conventionnements ANAH très sociaux,
peut-être qu’alors les plafonds de loyers pourraient
être adaptés à l’hétérogénéité des biens et des
territoires pour compenser la perte de loyers inhérente
à l’option. De même , la déduction spécifique pourrait
être aménagée pour garantir et préserver le gain fiscal.
Enfin, comme dans le cadre d’opérations réalisées dans
le neuf, peut-être qu’un amortissement à un taux
proportionnel à la réduction de loyer consentie
permettrait d’améliorer le gain afin de le rendre
attractif. Et demain, à l’heure où les opérations à
caractère social des investisseurs seront sécurisées par
la Garantie de Risques Locatifs, gageons que ce type de
réforme permette de créer une offre locative nouvelle à
loyers maîtrisés.