Marché
immobilier français : mouvements erratiques avant la baisse des prix
La poursuite de la
remontée des taux d’emprunts
immobiliers va peser sur la demande de logements.
Le resserrement des conditions monétaires en France va
peser de plus en plus significativement sur la
solvabilité des ménages après que la déductibilité des
intérêts d’emprunts ait partiellement compensé la
remontée des taux d’emprunts immobiliers. La croissance
moins rapide du revenu disponible brut et le moindre
allongement de la durée des prêts devraient aussi
limiter la capacité d’achat des ménages.
Des prix immobiliers stables
fin 2007 avant une baisse en 2008
L’évolution du marché
immobilier français depuis le deuxième trimestre 2007
confirmequ’il est entré dans une
phase d’ajustement. Les stocks de logements neufs ont
continué àcroître avec la baisse
des ventes de logements neufs plus rapide que celle des
mises envente. Les mises en
chantier ont rebondi face au niveau toujours élevé des
ventes mais lesperspectives se
dégradent avec la moindre capacité d’achat des ménages.
La déductibilitédes intérêts
d’emprunts, qui équivaut à une baisse de 34 points de
base des taux d’intérêtselon nos
calculs, ne suffira pas à compenser le resserrement
monétaire en cours.
La poursuite de la remontée des
taux d’emprunts jusqu’à la fin de l’année pèsera sur lasolvabilité des ménages, sur les ventes et sur
les transactions de logements. En
conséquence, les prix devraient être stables au deuxième
semestre 2007 avant de baisserde
3% au premier semestre 2008 selon notre modèle.
Nous continuons toutefois
d’exclure un retournement brutal du marché immobilierfrançais car il se caractérise par un déficit de
logements et par une politique publiquevisant à soutenir la construction, à solvabiliser
les ménages et à inciter à l’investissementrésidentiel. De plus, les créances douteuses
restent faibles et la part des prêts à tauxvariables limitée. Enfin, la prime de risque de
l’investissement résidentiel se redresseraitfin 2007 avant de retrouver en 2008 des niveaux
similaires à ceux observés en 2006.
Au deuxième trimestre 2007, le
marchéimmobilier a confirmé son
ralentissement. Laremontée des
taux d’intérêt et le niveau des priximmobiliers ont pesé sur la demande delogements. Ainsi, le nombre de ventes delogements neufs a diminué et, malgré une baissedes mises en ventes, les stocks de logementsinvendus ont continué d’augmenter. Les mises enchantier se sont stabilisées après une évolutiontrès erratique. Au second semestre 2007,l’accroissement des stocks et la diminution desventes de logements neufs devraient néanmoins setraduire par une légère baisse des mises enchantier. En conséquence, les prix immobiliersseraient stables avant de baisser au premiersemestre 2008.
Conclusion
Le resserrement des conditions
monétaires enFrance va peser de
plus en plus significativement
sur la solvabilité des ménages après que ladéductibilité des intérêts d’emprunts aitpartiellement compensé la remontée des tauxd’emprunts immobiliers. La croissance moinsrapide du revenu disponible brut et le moindreallongement de la durée des prêts devraient aussilimiter la capacité d’achat des ménages.
Les perspectives dégradées de
ventes et detransactions ainsi
que la hausse des stocks de
logements neufs devraient conduire à une légèrebaisse des mises en chantier limitée toutefois
parle soutien public à la
construction.
En conséquence, les prix se
stabiliseraient fin2007 avant de
baisser de -3.3% en 2008 selon
notre modèle. Cet ajustement des prix, ainsi que lafin de la hausse des taux d’intérêt attendue à
partirde début 2008, permettront
de relâcherprogressivement la
contrainte qui pèse sur la
demande de logements. L’ajustement du marchéimmobilier devrait être selon nous temporairedans la mesure où la demande structurelle delogements reste forte et partiellement
solvabiliséepar des politiques
publiques.