Rapport de
synthèse du 103ème congrès des notaires à Lyon
De la création
d'un lotissement aux mesures à prendre pour le
redressement d'un syndicat de copropriété en
difficulté, de la division d'une vaste maison en
appartements
jusqu'à l'organisation juridique d'ensembles aussi
vastes que la Défense à Paris ou le palais des
congrès de Lyon, les notaires ont exploré
l'intégralité des questions relatives à la division
de l'immeuble.Qu'il s'agisse
du sol, de l'espace qui le surplombe ou de ses
soubassements, d'un immeuble à construire ou d'un
bâtiment centenaire, la totalité du champ a été
investi.
Pendant près de deux ans d'études, quatre
commissions sesont attachées
à mettre en lumière à la fois les difficultéspratiques rencontrées par les praticiens du
droit immobilier,la
complexité des situations concrètes à traiter, les
zonesd'ombre - voire de
contradiction - laissées par les textes envigueur et les précautions à prendre lorsque
l'on est acheteur,vendeur,
promoteur ou responsable d'une collectivitélocale.
Mais les travaux
de ces quatre commissions soulignentégalement les perspectives qu'ouvrent les
réformes encours et
l'intérêt du recours à certaines formulesjuridiques oubliées pour atteindre les
objectifssociaux d'un
habitat de qualité accessible au plus grandnombre.
Un droit
abondant
Réglementé dès le
lendemain de la première guerre mondiale,le droit de diviser des terrains ou des
immeubles n'acessé de
s'enrichir et l'on compte aujourd'hui plusieurs
milliersde textes (lois,
décrets, règlements et documents d'urbanisme)en vigueur.
Selon les
périodes d'origine et les impératifs politiques cestextes tendent tout à la fois à organiser
l'aménagement duterritoire
en préservant l'environnement, à soutenir la
créationd'espaces
constructibles afin de répondre à unedemande de logements encore largement
insatisfaite et àfaire
coexister en zones urbaines équipements publicsespaces d'activités et habitations. Ce qui ne
va pas parfoissans
contradictions entre différents textes ou la lecturequ'en font les juridictions civiles et
administratives. Ainsi,dès
la première question consistant à s'interroger sur
ce quiest divisible en
matière de terrains, l'on rencontre des
interprétationsdifférentes,
soulignent les travaux de la premièrecommission. De même sur la façon dont un
espace seradivisé, il pourra
y avoir, à une même question, deux voireplusieurs réponses possibles. Tout l'art du
praticien consisteraà
trouver dans la floraison des textes la bonne
réponseassurant la sécurité
juridique de l'opération à laquelle ilapporte son concours.
La gestion de
la complexité…
Autre
caractéristique du domaine de la division de
l'immobilier,la nécessité de
gérer des situations de plus en pluscomplexes. Un bon urbanisme consiste à faire
cohabiterdans un même espace
des intérêts et des partenaires différents: intérêts publics et intérêts privés,
collectivités localeset
entreprises, services publics et propriétaires
privés, habitantset
commerçants réunis sous un même toit…
Les outils juridiques sont certes nombreux pour
répondre àcette nécessité
qu'il s'agisse des textes sur l'organisationdes syndicats de copropriété, sur les
modalités de créationde
lotissements ou de ZAC. Mais la pratique a dû
égalementinventer de
nouveaux concepts, inconnus à l'époquede la rédaction du Code Civil ou de la
reconstruction de laFrance
après les deux dernières guerres mondiales. Cesmodalités conventionnelles d'organisation de
l'espace sontlargement
analysées par les travaux du congrès qui rappellenttoutes les précautions que doivent prendre
les praticiensafin de rester
dans les normes générales posées parles textes et règlements d'urbanisme.
… et la
prévention des conflits
Faire que la
cohabitation nécessaire d'intérêts différents setraduise au quotidien par une coexistence la
plus pacifiquepossible n'est
guère aisé. Et ne relève pas seulement dutravail du juriste. Mais celui-ci peut y
contribuer.
Impliqués largement dans la rédaction des règlements
internesde ces ensembles
(règlements de lotissement, règlementsde copropriété, de ZAC) les notaires se sont
penchéssur toutes les phases
de la division des terrains et desimmeubles bâtis. Leurs interventions, le plus
en amont possible, peuvent prémunir les
propriétaires (qui divisent leursbiens) comme les acquéreurs (qui seront
réunis dans unecopropriété
obligatoire) contre les difficultés qu'engendre cetype de cohabitation.
La nécessaire
production d'espaces
constructibles et de logements
Loin d'être
satisfaite la demande d'habitations en France estde surcroit aujourd'hui très diversifiée :
souhait du plus grandnombre
des français d'accéder à la propriété, besoin deredynamiser le marché locatif pour l'adapter
à l'évolution dela société
(logements étudiants, parcellisation des famillesdivisées ou recomposées), impératif social du
logement pourles plus
démunis…
Ici les notaires
apportent leur contribution en mettant enlumière les structures juridiques d’ores et
déjà utilisables etles
améliorations des textes nécessaires à la
réalisation desgrands
objectifs politiques que sont le « droit au logement
»ou la maison à 100 000 €.
Déjà évoquées
lors de précédents congrès sous des anglesdifférents, certaines des questions soulevées
par les notairesont été
traitées par le législateur. Leurs propositions ont
étéentendues. D'autres
questions demeurent. De nouvellesadaptations du droit comme de la pratique
s'avèrentaujourd'hui
nécessaires. À l'issue des travaux de leurcongrès de Lyon les praticiens adopteront
donc diverses propositions
tendant à la fois, à assurer la plus grande sécuritéjuridique possible à tous les opérateurs et à
rendre possibleune gestion
harmonieuse du territoire que la loi définitcomme un bien commun de la nation.