La France est
engagée dans une politique pour maîtriser et réduire
les consommations énergétiques et les émissions de
gaz à effet de serre. Les collectivités
territoriales et, parmi elles, les communes ont un
rôle majeur à jouer pour contribuer à la réussite
des engagements nationaux. Par ailleurs, le nouveau
contexte d’ouverture des marchés de l’énergie
nécessite un besoin accru de professionnalisation
des acteurs territoriaux et un pilotage attentif des
collectivités de leur politique énergétique. C’est
dans ce cadre que l’Agence de l’Environnement et de
la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), EDF et GDF, avec
le soutien du Groupe Energie de l’Association des
Ingénieurs Territoriaux de France (AITF), ont décidé
de renouveler l’enquête sur les consommations et
dépenses d’énergie des communes réalisée dans ses
trois premières éditions (1991, 1996, 2001) par TNS
Sofres.
La dernière édition de cette enquête avait pour
but d’actualiser la connaissance des consommations
et dépenses d’énergie des communes pour l’année 2005
et d’offrir aux communes des données de référence
leur permettant de parfaire leurs connaissances et
d’enrichir les outils de gestion de leur patrimoine.
La
facture énergétique du patrimoine géré directement
par les communes
La facture énergétique du patrimoine géré
directement par les communes de métropole représente
une charge financière de 2,2 milliards d’euros en
2005, soit un peu plus de 36 euros par habitant.
Mais cette facture a fait un bond de 19% entre 2000
et 2005 alors qu'elle n'avait augmenté que de 3%
entre 1995 et 2000. L'effet de la hausse des prix
des combustibles et des carburants notamment en 2004
et 2005 a donc eu de sérieux effets sur le budget
énergie des communes.
La dépense totale d’énergie représente près de 4% du
budget de fonctionnement des communes et environ 10%
de ce budget hors masse salariale.
Les
écoles : premier poste de consommation énergétique
des communes
Le patrimoine bâti (écoles, bâtiments administratif,
équipements sportifs et culturels...) représente les
trois quarts de la consommation et près de 70% de la
dépense d’énergie. Ce sont les écoles qui demeurent
le premier poste de consommation des communes devant
les équipements sportifs et les bâtiments
socioculturels.
Environ 20% du budget d’énergie d’une commune est
lié à l’éclairage public et un peu moins de 50% de
la consommation d'électricité d'une commune dépend
de l'éclairage public. Enfin, les carburants des
véhicules et engins municipaux, s’ils ne
représentent que 7% de la consommation d’une
commune, s’élèvent à 11% de la dépense d’énergie.
L’électricité et le gaz naturel représentent
désormais près de 80% des quantités d’énergie
consommées, le fioul domestique poursuivant son
repli amorcé aux débuts des années 90.
La part du diesel dans la consommation des véhicules
municipaux augmente à nouveau pour atteindre 68%.
Mais on constate l’émergence des énergies «
alternatives » (GPL, GNV, électricité ou carburant «
vert ») même si les parcs et volumes de consommation
en jeu demeurent faibles.
L'éclairage public, l'isolation des bâtiments et la
rénovation des chaufferies privilégiés par les
communes
Dans le domaine de l'énergie, on note que
l'implication de l'élu avec l'augmentation croît
proportionnellement avec la taille de la commune.
Au-delà de 50 000 habitants, une collectivité sur
deux a un élu en charge de l'énergie. Le constat est
le même s’agissant des agents techniques mais on
observe que les agents en charge de l’énergie ne
suivent pas régulièrement le poste énergie. Même
dans les grandes villes, la proportion d’agents en
charge de l’énergie y consacrant un temps plein
n’atteint pas 50%.
L’examen des actions entreprises par les communes
montrent qu'elles ont privilégié l'amélioration de
l'éclairage public, l'isolation des bâtiments et la
rénovation des chaufferies. Mais on constate aussi
que les actions menées sont loin d’avoir concerné
l’ensemble du patrimoine. On estime d’ailleurs que
l’impact de l’amélioration de l’efficacité
énergétique des bâtiments (consommation au m²) sur
l’évolution de la consommation globale d’énergie des
communes tend à se réduire sur longue période.
L’enquête a été réalisée par voie postale auprès
d’un échantillon de communes métropolitaines de plus
de 500 habitants à l’exception des trois premières
villes de France (Paris, Marseille, Lyon).L’univers de l’enquête représente un peu plus
de 15 200 communes pour une population estimée en
2005 à 52,7 millions d’habitants sur un total de
près de 36 600 communes et d’une population estimée
en 2005 à 61 millions d’habitants sur le territoire
métropolitain.
Un questionnaire a été envoyé à toutes les communes
de plus de 5 000 habitants et à un échantillon de
communes de 500 à moins de 5 000 habitants (une
commune sur deux dans la tranche 2 000 à 4 999
habitants et une sur cinq dans les communes de 500 à
1 999 habitants).
L’enquête s’est déroulée sur 8 mois, de septembre
2006 à avril 2007. Parmi les questionnaires reçus,
776 questionnaires ont été exploités, soit environ
16% de l’échantillon initial.