Alors que les prix
de l'immobilier résidentiel connaissent depuis quelques
années une augmentation rapide et continue, le nombre de
nouveaux accédants n'a cessé de progresser et atteint un
niveau exceptionnel.
Élément déclencheur de l'augmentation de la demande, la
baisse des taux d'intérêt des prêts à l'habitat a été
annulée par la hausse des prix, de sorte qu'accéder à la
propriété exige aujourd'hui un effort financier bien
supérieur à ce qui était la règle il y a quelques années
: le coût d'une accession représente aujourd'hui, pour
un accédant moyen, 5 à 6 années de revenu contre 3 à 3,5
en 1996.
L'augmentation des prix touche surtout les
primo-accédants. Ceux qui étaient déjà propriétaires et
qui ont vendu pour racheter la subissent, certes, eux
aussi, mais ils en profitent également lors de la
revente de leur précédent logement. Parmi les
primo-accédants, les plus modestes sont évidemment les
plus pénalisés, car nombre d'entre eux n'ont guère de
marge de manœuvre pour augmenter l'intensité de leur
effort financier. De fait, si l'on met de côté le
ressaut de 2005, lié manifestement à l'ouverture du prêt
à 0 % à l'ancien sans obligation de travaux, on constate
que la reprise de l'accession est le fait de ménages
relativement aisés : il subsiste, certes, un volant
d'accédants modestes, mais leur nombre n'a pas augmenté
et, en conséquence, leur part dans l'ensemble des
accédants a diminué.
Dans ce contexte, et pour combler l'absence
d'informations sur le devenir des projets étudiés, une
enquête auprès d'un échantillon de candidats à
l'accession a été conduite auprès de 2 200 ménages, qui
ont été interrogés, six mois après la consultation de l'ADIL
sur l'état d'avancement de leur projet, ses modalités de
concrétisation ou a contrario la nature des difficultés
et obstacles rencontrés.
La présente étude cherche dans une première partie à
évaluer l'évolution du " pouvoir d'achat immobilier "
des ménages, en prenant en compte les différents
éléments qui l'ont affectée : progression des revenus,
baisse des taux d'intérêt, allongement de la durée des
prêts et augmentation des prix, auxquels il faut
ajouter, pour les ménages modestes, l'impact des aides
qui a, lui aussi, évolué. Elle s'attache à identifier
les conséquences de ces changements sur le poids de
l'accession dans les dépenses des ménages.
La seconde partie analyse les résultats de l'enquête sur
le devenir des projets, en mettant l'accent sur les
changements intervenus entre le projet et sa
concrétisation, sur les adaptations qui ont été
nécessaires pour en permettre l'autorisation, et pour
les projets différés ou abandonnés, sur les causes de
l'échec et les enseignements qu'en tirent les ménages
concernés quant à la capacité d'accéder ultérieurement à
la propriété.