2006, un
dernier tour de piste avant l'atterrissage !
Le
ralentissement du rythme de hausse se poursuit mais plus
lentement que prévu par le plus grand nombre
"d'initiés". L'atterrissage "en douceur" annoncé depuis
3 ans se fait toujours attendre, le pilote a des doigts
de fée !! En 2006, la hausse des prix reste générale
mais, en moyenne nationale, de façon plus modérée qu'en
2005.
Elle s'établit à + 8,38% contre + 12,03% l'année
précédente. Notons que, contrairement aux années
précédentes, le rythme de hausse du prix du m²
individuel est quasi identique à celui du collectif :
m² maison : + 8,03% - m² appartement : + 8,53%
Les phénomènes de centrifugation de la hausse constatée
en 2005 s'amplifient en 2006, les prix augmentent
beaucoup plus vite dans les banlieues, les grandes
banlieues et les zones "rurbaines" que dans les
métropoles régionales.
La Région Parisienne illustre bien ce phénomène avec une
augmentation moyenne du prix du m², Paris Intra muros de
+ 4,69% alors que le prix moyen du m² en Île-de-France
augmente de + 12%.
Nous constatons les mêmes disparités à Lyon ou à
Marseille.
Il n'en reste pas moins que le ralentissement du rythme
de hausse est aujourd'hui bien réel et que, dans la
quasi totalité des départements, les 2/3 de
l'augmentation 2006 se sont effectués au 1er semestre.
L'augmentation des délais de vente constatée au
premier semestre se confirme : le délai moyen
s'établit en 2006 à 71 jours soit 5 jours de plus qu'en
2005.
Les marges de négociation (écart moyen entre prix de
mise en vente et prix de vente obtenu) restent très
faibles 4,31% mais en légère augmentation par rapport à
2005 (4,14%).
La détente sur les stocks se poursuit. Les biens
disponibles sur le site century21.fr passent de 45 700
biens au 1er janvier 2006 à 61 000 biens au 1er janvier
2007.
Les grandes
tendances observées en 2005 et au 1er semestre 2006 se
confirment :
rajeunissement des acquéreurs. 22,4% ont moins de 30 ans
(contre 17,5% en 1996 et 20% en 2004) augmentation
massive de la part des acquisitions réalisées par la
catégorie socioprofessionnelle Employés/Ouvriers :
43,45% en 2006 vs 39,9% en 2005.
Corrélativement, la durée moyenne des prêts continue
d'augmenter en 2006 à 19,5 ans (contre 18,5 ans, l'année
précédente).
Conséquence logique du rajeunissement des acquéreurs, de
la dominance sur le marché des primo accédants et de la
montée en puissance des CSP Employés/Ouvriers et Cadres
Moyens, la proportion des acquisitions faites à titre de
résidence principale continue de croître 73,77% contre
72,8% en 2005 (et 69% en 2003 !!).
Parallèlement, la partie des acquisitions effectuées à
titre de placement continue de s'éroder (13% vs 14,64%
en 2005) ainsi que celles à titre de résidences
secondaires 8,3% vs 9% en 2005.
Phénomène nouveau :
La proportion des acquisitions effectuées par les Cadres
Supérieurs et Professions Libérales (17,5% en 2004, 16,9
% en 2005) s'est brutalement effondrée pour ne
représenter que 9,7% en 2006.
C'est essentiellement dans cette CSP que se recrutent
les investisseurs et les acquéreurs qui effectuent les
transactions de confort.
Les premiers semblent avoir partiellement retrouvé le
chemin des marchés financiers qui, en 2006, ont repris
de la vigueur ou s'être tournés vers l'investissement
dans l'immobilier neuf pour profiter des dispositions
fiscales du Robien recentré et du Borloo populaire.
Les autres diffèrent leurs projets et sont rentrés dans
un attentisme dont ils ne sortiront qu'après les
échéances électorales.
En synthèse, le
rythme de hausse des prix va poursuivre une décrue bien
engagée depuis la fin du 1er semestre et que va venir
accentuer l'attentisme inhérent traditionnellement aux
périodes électorales qui affecte déjà fortement les
transactions de confort.
L'année 2007 sera perturbée par ces échéances politiques
et sera probablement marquée par une diminution du
nombre national de transactions et le retour à un rythme
d'augmentation des prix beaucoup, beaucoup plus
raisonnable.