La construction progresse
encore en 2006 par Gérard Vittek, division Comptes et
études de l'industrie, Insee
Depuis 2004, la
bonne santé du bâtiment est surtout due au logement : en
2006, les mises en chantier dépassent encore les niveaux
record des an nées précédentes. Avec 421 000 logements
mis en chantier, 2006 est la meilleure année depuis plus
de 25 ans. La production neuve du bâtiment non
résidentiel s’accroît encore de 8,5 % en volume, après
une très bonne année 2005 (+ 9,6 %). L’ensemble des
travaux d’entretien-amélioration est soutenu par le
maintien de la TVA à taux réduit et les facilités
d’accès au crédit. Les travaux publics se maintiennent à
un niveau élevé. La production de l’ensemble de la
construction croît ainsi de 3,9 % en volume. Pour la
dixième année consécutive, la construction crée des
emplois salariés : 54 700 emplois en 2006, soit + 4,0 %
par rapport à 2005. Elle emploie plus du cinquième de
l’ensemble des travailleurs intérimaires.
La construction embauche
pour la dixième année consécutive
La production
de la branche construction progresse de 3,9 % en
2006 après 4,1 % en 2005 et 2,5 % en 2004.
En 2006, la
construction a été créatrice nette d’emplois
pour la dixième année consécutive. Avec 54 700
nouveaux emplois salariés, auxquels s’ajoutent
7 200 nouveaux emplois intérimaires, ce sont
62 000 emplois (intérim compris) qui ont ainsi
été créés, après 58 000 en 2005. Au regard de la
réduction de l’emploi industriel (– 1,9 % en
2006), la construction reste un secteur
dynamique.
D’après
les enquêtes de conjoncture dans le bâtiment, en
décembre 2006, 28 % des entrepreneurs déclarent
rencontrer des difficultés de recrutement.
Depuis 2004, cette proportion est stable ; ils
n’étaient que 15 % à déclarer des difficultés
d’embauche en 2003.
Les
intérimaires représentent 8,5 % des employés de
la construction (8,3 % en 2005). En 2006, leur
nombre progresse vivement (+ 5,8 %). La
construction concentre 21 % du total des emplois
d’intérimaires dans l’économie.
Une offre
abondante, mais contrainte
En 2006,
421 000 logements ont été mis en chantier. C’est
un nouveau record depuis plus de 25 ans, après
une très bonne année 2005 (410 000 logements mis
en chantier). Les mises en chantier progressent
faiblement pour les logements individuels
(+ 0,8 %) alors qu’elles augmentent plus
vivement dans l’habitat collectif (+ 4,9 %). Ce
ralentissement (+ 2,6 %) des mises en chantier,
qui atteignent toutefois un niveau exceptionnel,
succède aux fortes progressions des années 2004
(+ 15,3 %) et 2005 (+ 13,1 %).
La demande en
bâtiment est telle que les délais des chantiers
s’allongent par manque de main-d’œuvre : en
2006, ils atteignent en moyenne 16 mois, soit
20 jours de plus qu’en 2005. Les mises en
chantier en date réelles’étalent
davantage dans le temps, néanmoins les surfaces
mises en chantierprogressent vivement
en 2006 (8,2 % après + 9,5 % en 2005). Avec 26,9
millions de m2 nouveaux en 2006, les
maisons individuelles restent prépondérantes
(70 %) dans la construction de logements ;
cependant l’habitat collectif progresse
fortement (+ 11,9 %) en surfaces construites. La
demande de logements exprimée en 2006 à travers
les dépôts de permis de construire ne pourra
être satisfaite qu’en 2007 au plus tôt. Elle
requiert encore des productions importantes de
surfaces de logements en 2007 et au début de
2008.
Plusieurs
facteurs soutiennent la construction de
logements neufs. Tout d’abord, les acheteurs de
logements neufs bénéficient d’une offre
abondante de crédits. Le crédit à l’habitat des
ménages progresse fortement en 2006 (+ 15 %).
L’offre bancaire s’adapte à la hausse des prix
de l’immobilier en allongeant la durée moyenne
des prêts : 19 ans en 2006, 18 ans en 2005
(contre 12,3 ans en 1995). Les taux d’intérêt,
quoiqu’en augmentation, demeurent modérés ; les
emprunts à dix ans étaient proposés en décembre
2006 à 4,1 % (soit une hausse de + 0,5 point en
un an). De plus, le prêt à 0 %connaît
un franc succès depuis deux ans : on devrait
atteindre 236 000 prêts en 2006, après 183 000
en 2005 et 80 000 en 2004.
Enfin, les
dispositifs de soutien à l’investissement
locatif contribuent majoritairement à la
construction de logements collectifs. En
particulier, les nouveaux dispositifs Borloos’accompagnent d’amortissements fiscaux
incitatifs et d’un environnement bancaire
porteur.
D’après
les autorisations de permis de construire
délivrées en 2006 et début 2007, le nombre de
logements neufs mis en chantier pourrait
s’établir à un niveau inférieur à 400 000 en
2007, compte tenu des délais d’ouverture de
chantiers.
Les prix de
l’immobilier augmentent encore
En 2006, les
prix des logements neufsont encore
augmenté, que ce soit ceux des maisons
( + 13,7 % en 2006 après + 9 % en 2005) ou des
appartements (+ 10,0 % en 2006 après + 11,3 % en
2005). Néanmoins, la hausse des prix des
appartements neufs de 2006 est plus faible que
celle de 2005. De 1998 à 2006, la hausse cumulée
des prix est de 88 % pour les maisons neuves et
de 61 % pour les appartements. Les prix de vente
de l’immobilier neuf intègrent en effet le coût
du foncier. Or le prix des terrains à construire
s’est fortement apprécié depuis 1998.
Dans le
même temps le prix dans l’immobilier ancien en
centre ville a augmenté encore plus : + 118 %
pour les maisons anciennes et + 136 % pour les
appartements anciens.
Des crédits de
très longue durée pour les jeunes actifs
L’offre de
crédit reste abondante, à des taux d’intérêt
modérés. Les banques offrent maintenant des
crédits sur 50 ans pour les moins de 25 ans et
sur 40 ans pour les autres jeunes actifs. Cela
permet à ces nouvelles générations d’acheter un
logement sans apport personnel.
Cependant,
le rajeunissement des propriétaires accédants et
la hausse des prix de l’immobilier influent sur
la situation financière des ménages ; en 2006,
elle est devenue plus tendue. La dette des
ménages représente 68,4 % de leur revenu
disponible brut (50 % en 1996). Toutefois, le
taux d’endettement des ménages français reste
très inférieur à celui des ménages britanniques
(157 %) ou espagnols (145 %).
Le
bâtiment non résidentiel progresse
En
2006, les surfaces de bâtiments non
résidentiels commencés augmentent de 2,1
millions de m2 (+ 5,7 %), après une
stabilité en 2005 (– 0,3 %) et une
croissance plus modérée en 2004
(+ 3,1 %). Cette reprise cumule les
mises en chantier de l’année en cours et
celles des années précédentes.
La
commande publique de construction neuve
de bâtiments non résidentiels atteint en
2006 un niveau record : la construction
de bâtiments de santé (4,2 millions de
m2 ; + 22,4 %), d’enseignement et de
culture (4,2 millions de m2 ; + 6,3 %)
est très dynamique. Au total, les mises
en chantier liées à la commande de
l’État et des collectivités locales
augmentent de 13,8 % alors qu’elles
avaient diminué en 2005 (– 2,5 %).
L’entretien-amélioration
est orienté à la hausse
L’activité d’entretien-amélioration
du logement continue de
bénéficier du maintien d’un taux
de TVA réduit et des facilités
d’accès au crédit pour les
ménages : elle augmente de
+ 1,7 % en volume (après + 1,5 %
en 2005).
L’entretien de bâtiments non
résidentiels évolue au même
rythme (+ 1,7 % en volume). Les
administrations publiques
soutiennent l’activité avec la
hausse de l’entretien de
bâtiments scolaires,
d’établissements de santé et de
bâtiments consacrés à la culture
et aux loisirs.
La croissance en volume de l’entretien-amélioration
bénéficie à l’ensemble des
entreprises de la construction,
quelle que soit leur taille et
quel que soit le type de
bâtiment concerné.
Les travaux publics restent à un
niveau élevé
Les travaux publics
continuent de bénéficier
d’une série de grands
travaux entrepris ces
dernières années. Pour
ne citer que les plus
emblématiques, il s’agit
notamment du TGV-Est
débuté en 2002 ou de la
ligne ferroviaire à
grande vitesse
Perpignan-Figueras
commencée en 2005. Ces
deux réalisations ont
été inaugurées en 2007.
L’investissement des
administrations
publiques augmente en
2006. Depuis la loi
relative à
l’organisation
décentralisée de la
République de 2003, les
collectivités
territoriales disposent
de davantage d’autonomie
financière pour
investir. Elles
réalisent plus de 80 %
de l’investissement des
administrations en
travaux publics.
Le secteur privé joue un
rôle important dans
l’investissement en
travaux publics, il en
réalise plus de 50 %
depuis 2002. Eiffage, le
concessionnaire du
viaduc de Millau, a
ainsi participé à la
mise en place de la
ligne ferroviaire à
grande vitesse
Perpignan-Figueras dans
le cadre d’un
partenariat public-privé.