Le Crédit Foncier présente le
marché immobilier 2006 : analyse du marché de I'immobilier d habitation,
de l'investissement et de l'immobilier d'entreprise
Le Crédit Foncier,
via sa filiale Foncier Expertise, est le leader français
de l'expertise immobilière. Il
met à la disposition des professionnels et des
particuliers une compétence sur tout type de biens
immobiliers et fonciers, dans toutes les régions
françaises, grâce à son réseau national de plus de 120
experts immobiliers. Le Crédit
Foncier publie chaque année une étude sur les marchés
immobiliers français. Elle traite
aussi bien d'immobilier d'habitation dans ses différents
compartiments (neuf, ancien,
accession, locatif) que d'immobilier d'entreprise
(bureaux, locaux d'activité,
commerces).Dans le cadre de la
présentation du « Marché Immobilier 2006 », les experts
du Crédit Foncier ont fait le point sur le contexte
immobilier actuel et ont dressé les perspectives pour
2007.
L'immobilier
d'entreprise
Le marché de
la location de bureau franciliens - Les
principaux moteurs de la demande ont été de
nature endogène
Le marché de
la location du premier parc tertiaire européen affiche
une nette amélioration. Plus de 2.
700. 000 m2 ont ainsi été
commercialisés en 2006, soit une progression de 22% par
rapport à 2005 (Source kéops). Moins d'un quart seulement des transactions
aurait résulté de la croissance nette des emplois de
bureaux. L'économie locative a été principalement
soutenue par la volonté des entreprises de mieux
maîtriser le poste budgétaire immobilier
(restructurations, regroupements d'effectifs et
rationalisation des surf). Par ailleurs, l'attractivité retrouvée des loyers
a fait office de 'turbo"
du marché en facilitant la transformation de la demande
exprimée en demande placée. Les taux de vacance se sont
légèrement réduits dans la très grande majorité des
secteurs géographiques de la région francilienne.
Toutefois les loyers faciaux masquent toujours
d'importantes mesures d'accompagnement. En 2006, la
moitié des transactions portant sur le segment des
petites et moyennes surfaces a été concernée par cette
distorsion. Les grandes surfaces de bureaux et les
immeubles neufs ont bénéficié également de ces mesures
qui ont permis de soutenir les valeurs de présentation
ainsi que leur écoulement. L'écart entre loyers faciaux
et loyers réels s'est établi entre 12% et 16%selon les secteurs.
Les
perspectives
La tendance
moyenne paraît orientée à la hausse même si le marché
repose aujourd'hui sur des créations d'emplois de
bureaux encore modestes (25.000 en 2005,
près de 20.000 en 2006).
Si l'essentiel du train locatif n'est encore tiré que
par l'Indice du Coût de la Construction, le rapport de
force est devenu favorable au bailleur dans certains
secteurs géographiques souffrant d'une pénurie d'offre
ou dopés par les liquidités.
Le marché
locatif - une certaine
homogénéité caractérise l'évolution des marchés
provinciaux. L'activité, notamment en bureaux, a été
très généralement favorable (1.200.000
m2 placés en 2006). Le renouvellement de l'offre
a contribué à la fluidité générale des marchés. En
conséquence, les valeurs locatives ont eu tendance à
demeurer stables ou à progresser légèrement pour les
bons produits.
Le marché de
l'investissement
Le marché de
l'investissement
Si la région
francilienne constitue le premier site d'intervention en
Europe, juste après Londres, les régions ont bénéficié
d'un accroissement des volumes investis (6 milliards
d'euros en 2006) témoignant d'une volonté de
diversification géographique de la part de nombreux
acteurs ainsi que de la pénurie de bons produits en
région parisienne. La taille moyenne des cessions a
continué de croître, 45% du total des investissements
ont concerné des opérations supérieures à 150 millions
d'euros et 14 transactions ont porté sur des montants
excédant 300 millions d'euros.
Par
ailleurs, l'attrait du marché hexagonal s'est confirmé
pour les intervenants internationaux. Près de la moitié
des acquisitions a été réalisée par des étrangers,
notamment anglo-saxons, soit un accroissement de près de
70%. Les foncières constituent les premiers acteurs du
marché (6% environ des engagements), suivies par les
fonds moyen / long terme et les fonds opportunistes qui
souhaitent bénéficier d'une conjoncture très favorable.
Les taux de
rendement se sont de nouveau inscrits dans une tendance
générale baissière, tous produits et régions confondus.
Une certaine stabilisation semble toutefois prévaloir
dans les secteurs d'affaires parisiens traditionnels. Le
volume considérable de capitaux à placer et le fort
appétit des investisseurs demeurent les principaux
facteurs de compression des taux. Les seuils
d'intervention planchers avoisinent 4% dans les
meilleurs secteurs de Paris et s'inscrivent désormais
entre 4,5% et 6% en 1ère couronne pour des actifs haut
de gamme.
Perspectives
L'accroissement de la rotation des actifs et
l'opportunisme de certains acteurs opéranttraditionnellement sur le moyen / long terme,
peuvent susciter de la perplexité. Le marché del'investissement est, aujourd'hui, principalement
un marché de retraitement. Néanmoins, l'appétit des
investisseurs devrait demeurer, a fortiori si les taux
d'intérêt, court et long terme, restent à des niveaux
raisonnables ce qui semble probable à court terme en
l'absence de choc économique ou politique majeur.
La
financiarisation et ses effets
La
financiarisation du marché de l'investissement a
incontestablement produit des effets...
...Des effets positifs
inconstestables
En 10 ans,
l'internationalisation et ses corollaires, liquidités
abondantes et exigences accrues enmatière de transparence, ainsi que la
financiarisation ont permis à l'immobilier d'entreprise
français d'être érigé en véritable industrie. Afin de
développer la valeur, de nouveaux métiers ont émergé
investment management ; asset management ; property
management.
La
conjonction des éléments précédents, d'une rotation plus
grande des actifs, de l'afflux toujours plus important
de capitaux étrangers ainsi que des conditions
financières accommodantes ont dynamisé le marché de
l'investissement. Son volume a été multiplié par huit en
l'espace d'une dizaine d'années et le potentiel de
croissance est considérable.
... et des sources de fragilités
Un marché
victime de son succès ?
Le marché de
l'investissement connaît une concurrence exacerbée
concernant les produits sécurisés (bien loués, bien
localisés et en bon état) pour lesquels le déséquilibre
entre offre et demande est particulièrement aigu. Ces
biens font l'objet de surenchère d'autant que la
nécessité de placer des fonds disponibles impose tôt ou
tard à leurs détenteurs de se positionner à l'achat. En
second lieu, la quête effrénée de produits implique
l'élargissement du champ de recherche à d'autres
catégories d'actifs (y compris le développement
d'opérations en blanc), à la liquidité aléatoire, et /
ou à d'autres sites d'investissement qu'ils soient
hexagonaux ou étrangers.
Une fracture
progressive entre la sphère réelle et la sphère
financière
La moindre
importance accordée à la localisation des immeubles
permet de penser que ceux-ci peuvent être parfois perçus
comme de simples titres financiers. Et le développement
des produits dérivés ou indiciels accroît encore ce
sentiment. Or le démembrement de l'approche du produit
entre son aspect financier et son aspect immobilier,
parfois plus éludé, peut conduire à occulter des
éléments essentiels tels l'obsolescence, l'absence de
fongibilité ou le risque locatif dont le niveau général
s'accroît pourtant parallèlement à la diminution de la
part des baux fermes longs.
L'immobilier
d'habitation
Dans un
contexte européen globalement favorable, le marché
français s'inscrit encore en haut de cycle, alimenté par
une demande structurellement forte, une politique
bancaire facilitante une politique fiscale incitative et
une offre neuve toujours significative.
Cependant,
le rythme de développement du marché de l'accession
poursuit sa décélération entamée début 2005 comme le
montrent certains indicateurs. Le nombre de cessions,
inscrit à un haut niveau, ne progresse plus, le niveau
des stocks s'accroît, parfois de façon conséquente,
aussi bien dans l'ancien que dans le neuf et la hausse
générale des prix s'affaiblit. Par ailleurs, le
resserrement par le bas de l'échelle des prix témoigne
de la dégradation de la solvabilité de nombreux ménages
français (toujours dans les moins
endettés d'Europe).
Le neuf
562.000
logements ont été autorisés en 2006 (statistiques du Ministère
de l'Équipement) soit une hausse de 10% par rapport à
2005. Le rythme de commercialisation, toujours soutenu
par l'investissement locatif et les dispositifs fiscaux,
reste globalement positif (+4%
sur un an). Les ventes progressent ainsi dans 12 régions
et s'avèrent très dynamiques dans le Centre, en
Bourgogne, en Languedoc Roussillon et en PACA. Cependant
on note un creusement de l'écart entre les mises en
vente et les cessions nettes depuis le 2ème trimestre
2005 notamment dans les villes moyennes marquées par une
croissance démographique peu dynamique et un marché
locatiflimité.
Les stocks
de logements progressent plus fortement dans le
collectif (+ 50% en un an) que dans l'individuel, et les
délais d'écoulement s'accroissent, passant globalement
de 5 à 7 mois.
En matière
de valeurs, la tendance générale est à une inflation
moindre, avoisinant 8%. Cependant, si la tendance
demeure globalement haussière en régions, le rythme de
croissance des prix diverge notablement.
L'Île-de-France, le Nord-Pas-de-Calais et l'Aquitaine
avec un rythme moyen encore en progression de 10 à 16%
sont en tête d'un peloton qui tend à s'étirer, la
Champagne-Ardenne, la Picardie, le Centre ou encore le
Midi-Pyrénées fermant la marche. Les pôles économiques
et d'habitat plus secondaires ayant bénéficié d'un
phénomène de rattrapage. Pour les appartements, on peut
citer la Franche-Comté, la Bourgogne et la
Champagne-Ardennes.
L'ancien
L'euphorie
de la demande a laissé place au discernement. La hausse
des prix s'insère dans des normes plus raisonnables,
tous segments de produits confondus. Le ralentissement
du rythme de progression des prix est marqué aussi bien
en Province qu'en Île-de-France. Paris, les
Hauts-de-Seine et les Yvelines avoisinent péniblement
les 10%. Une certaine stagnation des valeurs affecte
même des parties limitées du territoire comme le
Nord-Pas-de-Calais et certaines communes d'Îlede-France
comme Créteil, Cergy ou Neuilly.
Si la
déflation des valeurs vénales n'est pas d'actualité, la
diminution des prétentions des vendeurs se développe :
un écart de 5 à 10% entre les prix de présentation et
les prix de vente est par exemple constaté en première
couronne ouest parisienne.
L'impact des
migrations des personnes âgées et la surreprésentation
d'acquéreurs étrangers ont fortement nourri l'inflation
dans certains arrondissements parisiens et sites
touristiques : Savoie,
Côte d'Azur
mais aussi dans les départements du Limousin et de la
Charente, concourant au rattrapage de ces secteurs.
En réalité,
le phènomène d'homogénéisation des prix se poursuit dans
tout l'hexagone, par une réduction des écarts entre
quartiers, mais aussi entre le centre-ville et la
première couronne périphérique des agglomérations
résultant du glissement de la demande vers des
micro-marchés de repli, et enfin par un resserrement de
l'écart des valeurs entre le neuf et l'ancien provoqué
par une hausse limitée dans le neuf et une progression
plus marquée de l'ancien.
Perspectives
Un
retournement du marché de l'acquisition n'est pas
envisageable à court terme. Sur le plan micro-économique,
la perception du marché est plus nuancée, sa fluidité
étant parfois obérée localement par une inadéquation
entre l'offre de logements et la demande des ménages,
tant en termes de prix que de produits.
Le marché de
l'acquisition reste plus que jamais sensible à des
facteurs tels que la dégradation de la solvabilité et
l'augmentation de l'endettement des ménages rendant
l'apaisement des tensions inflationnistes inéluctable.
Mais il bénéficie de l'accroissement du nombre de
ménages généré par un véritable choc sociologique qui
démultiplie la demande au-delà de
la seule dynamique démographique (familiale, nouveaux
flux migratoires, changements de l'environnement prof).
L'étude réalisée en 2006 par l'Université Paris-Dauphine
pour le Crédit Foncier fait apparaître pour les
prochaines années un besoin de construction de logements
de 500.000 par an.
De plus, la
prise de conscience de l'ampleur du défi qu'est
l'amélioration du parcours résidentiel est fédératrice
d'énergies publiques et privées qui s'expriment à
travers quatre leviers complémentaires que sont le
foncier, la fiscalité, le financement et l'ingénierie
financière.
Le marché de
la location
Si le marché
de la location subit un ralentissement sensible, cette
tendance générale occulte toutefois des évolutions très
disparates selon l'emplacement géographique et la taille
des logements. Globalement, l'inflation s'est nettement
affaiblie et le délai général de vacance s'est accru.
Ce marché
est confronté à de nombreuses difficultés tant au niveau
de l'offre que de la demande :
• A niveau
de l'offre, le parc locatif privé s'est fortement
contracté à la suite du désengagement des investisseurs
institutionnels et de particuliers souhaitant retirer
les plus values de la flambée des prix immobiliers; un
retrait stimulé par une rentabilité de moins en moins
attractive. En outre, la production neuve a parfois
concouru à la constitution d'un parc inadapté à la
demande, générateur de vacance locative, en particulier
dans certaines villes surexposées au dispositif
"Robien". Enfin, la fluidité du marché est affectée par
une mobilité résidentielle insuffisante.
• La
demande, quant à elle, souffre de la concurrence de
l'accession et de celle du parc social dans certaines
communes. Toutefois, les récentes mesures
gouvernementales, associées à une volonté politique de
développement du logement social laissent espérer un
retour en grâce du marché locatif auprès de la demande :
le nouvel indice de référence des loyers (IRL), moins
fluctuant que l'ICC, tend à maîtriser l'inflation
locative; le dispositif fiscal "Borloo populaire" est
une réponse au besoin urgent de loyers intermédiaires et
la production ""Robien" devrait concourir au
rééquilibrage du marché dans certains secteurs.
Perspectives
Le marché
locatif privé est dans une situation délicate, malmené
par le marché de l'accession qui absorbe les revenus
élevés et le parc locatif social qui retient les revenus
les plus faibles. Les pouvoirs publics tentent d'y
remédier.
Pour l'heure, la poursuite des ajustements déjà relevés
apparaît inévitable. De très nombreux programmes
locatifs seront livrés en 2007. Selon les cas, ces
livraisons contribueront à apaiser certaines des
tensions encore existantes, à provoquer un ajustement
baissier ou à l'accentuer.