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L'énergie en 2006 : nouvelle hausse des prix, recul de la consommation

 

Pour la troisième année consécutive, les prix du pétrole brut importé s'accroissent en 2006 : le prix du baril de brut de référence dépasse 50 euros en moyenne sur l'année. La hausse des prix de l'énergie importée entraîne celle des prix intérieurs, y compris celle de l'électricité pour les entreprises qui s'approvisionnent sur le marché libre. Face à ces hausses, la consommation énergétique des entreprises se réduit depuis 2005. La consommation des ménages en produits pétroliers et en gaz, dont le prix a fortement augmenté, tend également à se réduire. En revanche leur consommation d'électricité continue à progresser.

Une troisième année consécutive de hausse du prix du pétrole

Pour la troisième année consécutive, les prix internationaux du pétrole brut ont augmenté fortement en 2006, établissant un nouveau record au cours de l'été : le cours du Brent atteint 78 dollars par baril en août. Malgré un certain recul en fin d'année, ce cours s'établit à 65,1 dollars en moyenne annuelle, en hausse de près de 20 % par rapport à 2005. Cette augmentation est certes moins forte que celles de 2005 (+ 42,3 %) et de 2004 (+ 32,8 %), mais elle s'ajoute à celles-ci : le prix du brut a ainsi plus que doublé en trois ans. Par rapport à 1998, avant la première hausse sensible de la décennie, il a été multiplié en dollars par plus de 5.

Au cours des dernières années, la hausse du cours de l'euro par rapport au dollar avait atténué quelque peu la hausse du prix du baril exprimée en euros, mais cet effet, très sensible de 2002 à 2004, ne joue plus que faiblement en 2005 et 2006. Le cours du Brent s'établit ainsi à 51,9 euros en moyenne en 2006, en progression de 18,3 % par rapport à 2005, soit plus de quatre fois son niveau de 1998 en euros courants. En monnaie constante il reste cependant inférieur au maximum atteint en 1982 : à cette époque le prix moyen du pétrole importé en France équivalait à 68 euros de 2006 par baril.

La hausse du pétrole se diffuse aux autres énergies

La hausse du prix du pétrole entraîne celles des autres produits énergétiques importés : le prix de gros du gaz sur le marché spot à la bourse de Londres progresse fortement ; il a connu de plus une très vive poussée en fin d'année 2005 en raison de fortes tensions sur l'approvisionnement, aggravées par le contentieux entre la Russie et l'Ukraine, puis s'est replié sensiblement en cours d'année 2006 ; mais en moyenne annuelle sa progression est de 76 % de 2004 à 2006.

Les prix à l'importation du charbon tendent à se stabiliser en 2006 après les fortes hausses de 2004 et 2005 (+ 48 % en deux ans).

Les prix de gros de l'électricité, pour les échanges entre opérateurs européens, augmentent aussi fortement : l'interconnexion entre les pays aboutit à aligner les prix instantanés sur le coût de production de la centrale la moins performante qui assure à cet instant l'équilibre de l'offre et de la demande au niveau européen ; or ce sont généralement des centrales au charbon ou au gaz. Ces prix subissent donc les hausses du coût de ces combustibles : les prix spot de l'électricité suivent ainsi ceux du gaz.

Or, depuis la libéralisation du marché ce sont ces prix qui déterminent les prix contractuels sur le marché libre en France. Aussi, bien que la France produise l'essentiel de son électricité par l'énergie nucléaire, dont les coûts sont peu sensibles aux prix des combustibles, les prix de l'électricité sur le marché libre y subissent l'effet de la hausse des prix des autres produits énergétiques.

Dégradation de la facture énergétique de la France

La hausse des prix du pétrole et du gaz entraîne une nouvelle dégradation de la facture énergétique de la France : le déficit du commerce extérieur en produits énergétiques s'établit à 45,8 milliards d'euros en 2006, contre 37,3 milliards en 2005 et 27,7 milliards en 2004. Les importations de pétrole brut et de gaz atteignent 43,7 milliards (+ 22 %) en dépit d'une légère diminution des volumes importés (− 2,2 %). Le solde déficitaire en produits pétroliers raffinés est à peu près stable en 2006, les volumes importés et exportés ne progressant que peu. Le déficit provient surtout du gazole, alors qu'au contraire la France est excédentaire en essence. Le solde excédentaire des échanges d'électricité tend à se réduire ; la diminution est plus sensible en volume qu'en valeur.

Ménages ou entreprises, des conditions de marché différentes

Depuis une dizaine d'années, les évolutions des prix de l'énergie diffèrent selon le produit, mais aussi selon que le consommateur est un ménage ou une entreprise. Ainsi, selon l'EACEI, les prix du gaz et des produits pétroliers utilisés par l'industrie ont plus que doublé depuis 1999. Au contraire les prix de l'électricité se sont réduits de 1996 à 2001 (− 16 %), avant de recommencer à augmenter à partir de 2004. En euros constants, le niveau de prix moyen de l'électricité pour les industriels en 2006 est voisin de celui de 1996.

Pour les ménages, le prix du fioul domestique a pratiquement doublé depuis 1999. Les prix des carburants routiers ont connu une évolution plus modérée, mais avec des hausses sensibles en 2000-2001 puis à partir de 2004 ; cette relative modération s'explique par la part des taxes dans les prix des carburants. Il en est de même pour le prix du gaz, du fait de la part des frais de distribution et de la politique tarifaire. Le prix de l'électricité consommée par les ménages s'est réduit de 1996 à 2001, comme les prix pour les industriels. Mais, à la différence de ceux-ci, il est resté à peu près stable depuis lors.

Baisse de la consommation des ménages, sauf pour l'électricité

En 2006 les ménages ont réduit leur consommation en produits énergétiques de 1,4 %, après une baisse de 0,4 % en 2005. La réduction est sensible pour les produits pétroliers, tout particulièrement pour le fioul domestique, ainsi que pour le gaz ; en revanche la consommation d'électricité progresse légèrement : + 1,5 %, mais sensiblement moins que les années antérieures.

La principale cause de cette baisse n'est toutefois pas la hausse des prix, mais les conditions météorologiques de 2006, avec notamment un automne particulièrement doux, qui a réduit les besoins d'énergie pour le chauffage. Ainsi l'Observatoire de l'énergie, qui estime des consommations corrigées des variations climatiques, évalue à 1 % la progression de consommation de gaz et à 3 % celle de l'électricité, après neutralisation des variations climatiques.

Jusqu'en 2004 la consommation de gaz avait tendance à croître à un rythme de l'ordre de 2 % par an, avec de fortes fluctuations dues aux variations climatiques ; celle de fioul domestique, également fluctuante, ne montrait pas de tendance nette, mais depuis deux ans la baisse est sensible pour ces deux produits.

La consommation de carburants, qui constitue le poste le plus important de la consommation en énergie des ménages, se réduit depuis 2003 (− 6 % en quatre ans) du fait d'une moindre consommation unitaire des véhicules et surtout de la réduction de leur vitesse moyenne, suite au renforcement de la réglementation.

Au contraire, la consommation d'électricité a sensiblement progressé au cours des dix dernières années (+ 24 % depuis 1996) ; cette hausse s'explique à la fois par le développement du chauffage électrique et l'augmentation continue du nombre d'appareils consommateurs d'électricité dans les foyers. Sur cette période les ménages ont donc eu tendance à substituer le gaz et l'électricité au fioul ; plus récemment il semble que la substitution commence à se faire au détriment du gaz. Mais la consommation d'électricité, dont le prix pour les ménages n'augmente pas, continue à croître.

Pour consulter l'étude complète (format PDF, 94ko)

Source : http://www.insee.fr
Insee Première n°1152 - juillet 2007
Marc Beudaert, division Comptes et études de l'industrie, Insee
 

 
   

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Dernière modification : 28/11/2008
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