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L'endettement des ménages début 2004 -Disparités selon le revenu, surtout pour l'habitat

 

Près de 47 % des ménages étaient endettés à titre privé début 2004. Ils étaient 43 % début 1992. Cette différence est plutôt due à la diffusion du crédit à la consommation, notamment auprès des jeunes générations. Le motif principal d’endettement reste cependant l’achat d’une résidence principale : il concerne plus de 20  % des ménages et représente début 2004 près de 70 % de la dette domestique des ménages.

L’endettement à l’habitat va de pair avec des revenus confortables souvent tirés de l’activité des deux conjoints. Le recours exclusif au crédit à la consommation caractérise plutôt les classes moyennes bien qu’il touche de manière plus homogène l’ensemble des catégories de revenus. Dans un cas comme dans l’autre, le poids des remboursements décroît fortement pour les revenus les plus élevés.

La moitié des ménages sont endettés et entre 3 et 7% sont en risque de surendettement

En France, début 2004, près de la moitié des ménages sont endettés à titre privé. Trois ménages sur dix sont endettés pour l’achat d’un bien immobilier ou foncier, ou pour de gros travaux de rénovation. Une proportion presque équivalente rembourse un crédit à la consommation destiné à financer l’achat d’un véhicule, d’un bien d’équipement ou des dépenses diverses (éducation ou formation, évènement familial, trésorerie...).

Un ménage sur dix cumule les deux types de crédits, c’est-à-dire que parmi les ménages endettés à l’habitat, un sur trois rembourse également un crédit à la consommation. Les proportions de ménages endettés à la consommation, exclusivement ou non, sont supérieures à celles de 1992, en partie du fait du développement de ce segment du marché du crédit sur la période.

La proportion de ménages endettés pour l’habitat quant à elle est presque identique à celle de 1992, celle pour la résidence principale étant même légèrement inférieure. En 2004, l’achat de la résidence principale demeure le premier motif d’endettement, puisqu’il concerne sept ménages endettés à l'habitat sur dix. L’endettement pour un autre achat immobilier ou foncier, et celui pour des travaux de rénovation ne concernent chacun qu’un ménage sur cinq. Parmi ceux qui sont endettés pour motif de consommation, sept sur dix ont contracté un emprunt pour acheter une voiture ou une moto, 15 % pour acheter d’autres biens d’équipement et un tiers pour d’autres besoins, certains pouvant être endettés simultanément pour plusieurs motifs.

Plus de 80 % des crédits souscrits consistent en emprunts personnels, 13 % en achats à crédit et 5 % en crédit revolving. En moyenne, la dette sous forme d’emprunts personnels dépasse légèrement 40 000 euros par ménage endetté et conduit à des charges de remboursement par an avoisinant 21 % des revenus disponibles. Ces charges dépassent 40 % des revenus disponibles pour près de 3 % des ménages et 30 % des revenus disponibles pour près de 7 % des ménages. Début 2004, 1,8 million de ménages étaient donc en situation de risque de surendettement.

Dette à dominante immobilière : ménages plutôt aisés, autour de 40 ans

Les crédits à l’habitat, hormis les crédits pour travaux, sont généralement des engagements de long terme. Les différences dans le recours ou l’accès au crédit sont particulièrement marquées en fonction des revenus, notamment pour le crédit à l’habitat.

La proportion de ménages qui ont au moins un crédit à l’habitat en cours augmente avec la position dans l’échelle des revenus disponibles. Elle est particulièrement faible pour les ménages dont le revenu disponible annuel est inférieur à 10 000 euros. Crédits à la consommation et à l’habitat confondus, la moitié de ces ménages à bas revenus ont une dette inférieure à 20 000 euros, alors que pour les autres, la dette médiane dépasse légèrement 40 000 euros.

Cependant, pour les moins aisés, le remboursement de ces dettes exige un taux d’effort nettement plus élevé puisque la moitié d’entre eux y consacrent annuellement plus de 44 % de leur revenu disponible. Niveau d’endettement et taux d’effort suivent des évolutions opposées quand on monte dans l’échelle des revenus.

Au-delà de 35 000 euros de revenus disponibles annuels, l’endettement médian est de 50 000 euros, mais représente un taux d’effort annuel inférieur à 20 % pour plus de la moitié des ménages. Le taux d’effort ne tient cependant pas compte de la durée des emprunts qui s’est allongée ces dernières années.

La durée moyenne initiale hors prêts relais a augmenté de plus de trois ans et demi entre 2000 et 2004 pour s’établir à 17,5 ans en 2004. Depuis les années quatre-vingt-dix, la durée des prêts à l’habitat aurait augmenté de 5 ans (source Banque de France). En combinant des critères d’âge, de revenus et de patrimoine financier, de catégorie sociale, de composition familiale et de zone de résidence, une analyse toutes choses égales par ailleurs montre que les ménages endettés pour l’habitat sont plutôt au milieu de leur cycle de vie, qu’ils ne possèdent pas beaucoup de patrimoine financier, mais ont un revenu disponible supérieur au revenu disponible médian. Ce sont plutôt des couples, avec enfants, et occupant un emploi stable. Ils habitent plutôt dans des agglomérations de petite taille ou en zone rurale.

Pour consulter tous les éléments de l'enquête

 

Source : http://www.insee.fr
Cédric Houdré, division Revenus et patrimoine des ménages, Insee
INSEE PREMIERE N° 1131 - avril 2007

 
   

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Dernière modification : 04/01/2008
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