Loi
instituant le droit au logement opposable (loi du 5.3.07 : JO du 6.3.07)
Adoptée le 5 mars
2007 après déclaration d'urgence, la loi instituant le
droit au logement opposable et portant diverses mesures
en faveur de la cohésion sociale qui comportait à
l'origine neuf articles, en regroupe finalement
soixante-quinze.
Apparu avec la loi
Quilliot (1982) qui fait du droit à l'habitation un
droit fondamental, consacré quelques années plus tard
(1990) par la loi Besson, comme le droit à la santé et à
l'éducation qui ont mis plusieurs décennies à émerger,
le droit au logement devient opposable.
Toute personne
qui, résidant sur le territoire français de façon
régulière et stable, n'est pas en mesure d'accéder par
ses propres moyens à un logement décent et indépendant
ou de s'y maintenir, peut désormais, en cas de non
obtention d'un logement après avoir fait les démarches
prévues à cet effet, exercer un recours amiable devant
la commission de médiation et à défaut de proposition de
logement ou d'accueil en structure adaptée, un recours
contentieux devant le tribunal administratif ; celui-ci
peut ordonner non seulement le logement, ou le
relogement, mais aussi l'hébergement du demandeur par
l'État, et peut assortir son injonction d'une astreinte
au profit du fonds d'aménagement urbain régional.
Dans le prolongement de la loi de programmation pour la
cohésion sociale (loi du 18.1.05) et de la loi ENL (loi
du 13.7.06) qui comportaient l'une et l'autre des
mesures en direction des populations défavorisées, la
nouvelle loi confère à l'État une obligation de
résultats et non plus seulement de moyens.
Réclamé par bon nombre d'associations regroupées autour
" d'une plate-forme pour le droit opposable " en 2001 et
notamment par le Haut Comité pour le logement des
personnes défavorisées dans plusieurs de ses rapports
depuis 2002, le droit au logement opposable deviendra
effectif progressivement.
Le suivi du dispositif, confié à un comité auquel est
notamment associé le Haut Comité pour le logement des
personnes défavorisées, permettra de mesurer
l'efficacité de l'inscription de ce nouveau droit dans
la loi. Un premier rapport devra être rendu le 1er
octobre 2007.
En dehors du droit au logement opposable qui constitue
la pièce maîtresse de la loi, d'ores et déjà baptisée
DALO, le texte comporte des mesures d'ordre financier et
fiscal dont certaines sont destinées à favoriser le
développement de l'offre de logements et de places
d'hébergement :
Outre la programmation de logements et de places
d'hébergement complémentaires par rapport au plan de
cohésion sociale de 2005, sont notamment prévus des
avantages fiscaux en faveur des centres d'hébergement et
de réinsertion sociale, de certains établissements qui
hébergent des personnes âgées, des logements foyers, et
de l'association Foncière Logement.
La revalorisation des aides au logement se fera
automatiquement chaque année au 1er janvier en fonction
de l'évolution de l'indice de référence des loyers.
Les bailleurs qui conventionneront leur logement lors du
renouvellement du bail avec un locataire en place
pourront bénéficier de la déduction spécifique de 30 ou
45 % des revenus fonciers bruts prévue en cas de
conventionnement sans travaux, ce que ne permettait pas
le texte actuel introduit par la loi ENL.
Une disposition nouvelle permet aux bailleurs de
bénéficier de cet avantage fiscal en cas de location
sous certaines conditions d'un logement à un organisme
public ou privé qui y logera ou y hébergera une personne
répondant à des critères de ressources et sous réserve
d'un loyer maximum.
Plusieurs mesures concernent les rapports locatifs, dont
certaines visent à faciliter l'accès au logement locatif
: la création d'un fonds de garantie universelle des
risques locatifs et la limitation des pièces
justificatives qu'un bailleur peut demander aux
candidats locataires. Les locations meublées qui
échappaient à toute réglementation spécifique il y a
quelques années encore, voient progressivement leur
liberté contractuelle se restreindre : la révision des
loyers de cette catégorie de location se fera désormais
en fonction de l'indice de référence des loyers. Le
doute introduit sur le caractère facultatif de la
saisine préalable de la commission de conciliation, en
cas de litige portant sur la décence du logement, est
levé.
Enfin, parmi les mesures diverses concernant le
logement :
- des aménagements au dispositif relatif au
surendettement et à la procédure d'expulsion dans le
parc social ;
- en cas d'occupation d'un domicile par des squatters et
après mise en demeure de quitter les lieux non suivie
d'effet : l'obligation pour le préfet de procéder à
l'évacuation forcée du logement ;
- l'interdiction des coupures d'eau pour les
bénéficiaires du FSL toute l'année et non plus seulement
en période hivernale ;
- une réforme des règles de domiciliation ;
- un aménagement du bail à construction.
Nb : chaque thème est suivi du numéro d'article de la
loi DALO et de sa codification. L'abréviation CCH est
utilisée pour le code de la construction et de
l'habitation.