Le marché immobilier
francilien : léger tassement d’activité sur fondde progression ralentie des prix
Depuis un an, le
marché immobilier francilien est caractérisé par une
baisselégère mais régulière du
volume des ventes et par un ralentissement modéré maiscontinu de la hausse des prix.
Au 2e trimestre de
l’année 2007, les résultats collectés par la Base BIEN
etanalysés par la profession
confirment cette double tendance. Celle-ci méritetoutefois une approche nuancée à la lumière des
observations recueillies sur
chaque segment de marché et dans chaque département de
la région.
Le volume global des ventes, tous biens immobiliers
confondus, s’est élevé en Ilede-France au 2e trimestre à
59 734 transactions et au 1er semestre à 114 111unités, soit une inflexion de 3 % par rapport aux
périodes correspondantes en2006.
Tous les départements, à l’exception de Paris et du
Val-d’Oise, ont étéaffectés par
des mouvements de repli, dont l’amplitude a été variable
: de forte enSeine-et-Marne
(respectivement de -9,4 % et -9,8 %) à faible dans le
Val-de-
Marne (-0,7 % à -0,3 %).
La progression
des ventes d’appartements anciens porte lemarché
Sur le segment des
appartements anciens, qui représente, à lui seul, en
Ile-de-France 50 % des ventes globales du 2e trimestre
(29 846) comme du 1ersemestre
(57 644), l’activité s’est montrée dynamique depuis le
début de l’année2007. Les ventes
à Paris (18 823) ont progressé au 1er semestre 2007 de
1,6%par rapport à la même
période un an plus tôt, en Petite Couronne (22 509) de0,7% et en Grande Couronne (16 312) de 1,5%. La
Seine-Saint-Denis (-0,2%) et
l’Essonne (-6,4%) étant les seuls départements à avoir
connu un fléchissementdes
transactions sur la période considérée.
Face à la vitalité
du marché des appartements anciens, le marché desappartements neufs fait toujours pâle figure. La
chute des ventes se poursuit de
trimestre en trimestre pour atteindre -22,1 % (4 546
logements) au 2e trimestre et
-23,3 % (8 062 logements) au 1er semestre. Seuls Paris
(+ 6,6 % avec 237ventes) et
l’Essonne (+ 29,2 % avec 582 ventes) font exception à
cette érosiondes transactions au
sein d’une région qui se caractérise par le nombre
restreintdes programmes mis en
chantier.
Sur le front de la maison individuelle, la situation a
continué à se contracter dansle
domaine de l’ancien et plus encore dans celui du neuf.
En Ile-de-France, levolume des
ventes a reculé de 5,2 % avec 11 569 maisons anciennes
au 2etrimestre et de 3,8 % avec
21 824 maisons au 1er semestre. Mis à part les
Hautsde-Seine (+0,2 %) et le Val-de-Marne (+0,4 %) qui
ont maintenu leurs positionsd’un
semestre à l’autre, les autres zones géographiques ont
enregistré des reculs,allant de
-1,6 % dans le Val-d’Oise à -10,6 % en
Seine-Saint-Denis.
La tendance à la
baisse des ventes de maisons individuelles s’est
amplifiée dansle segment du
neuf, à l’instar de celui des appartements. En
Ile-de-France, lesindicateurs
d’activité ont été à nouveau dans le rouge, au 2e
trimestre (852ventes) comme au
1er semestre (1 648 ventes), qu’il s’agisse de la PetiteCouronne (respectivement -14,8 % et -5,5 %) comme
de la Grande Couronne(-28,4 % et
-21,6 %).
Les chiffres
parlent d’eux-mêmes. Désormais, le marché immobilier
francilien estprincipalement
alimenté par les stocks de logements anciens. Sur 89 178appartements et maisons vendus au 1er semestre,
les flux de logements neufs(9
710) n’auront concerné que 11% du volume des
transactions.
La modération
de la hausse des prix se confirme
Le marché
immobilier francilien a poursuivi au 2e trimestre 2007
le ralentissementdéjà observé de
la hausse des prix. Un ralentissement qui souffre de
quelquesexceptions dans un
marché atomisé, constitué de niches et de plus en plussélectif.
Selon les Indices
Notaires-INSEE, la progression des prix des appartementsanciens a continué à enregistrer une
décélération, en variation trimestrielle, d’uneannée sur l’autre : +1,6 % à Paris au 2e
trimestre 2007 contre +2,2 % au 2etrimestre 2006, +0,7 % dans les Hauts-de-Seine
contre +1,9 %, +2,2 % dans le
Val-de-Marne contre +2,5 %, +1,8 % en Seine-et-Marne
contre +2,1 %, +0,9 % dans les Yvelines contre +3,8 %,
et -0,8 % dans le Val-d’Oise contre +1,9 %.
La progression est restée étale, en revanche, en
Seine-Saint-Denis (+1,4%) et dans l’Essonne (+1,6%).
En variation annuelle, les Indices Notaires-INSEE
révèlent également que les hausses des prix des
appartements anciens sont désormais cantonnées, dans les
huit départements de la région, sous la barre des 10 % :
+7,0 % à 4 419 euros dans les Hauts-de-Seine, +9,2 % en
Seine-Saint-Denis à 2 846 euros, +6,1 % à 3 661 euros
dans le Val-de-Marne, +7,0 % à 2 668 euros en
Seine-et-Marne, +5,7 % à 3 526 euros dans les Yvelines,
+5,8 % à 2 679 euros dans l’Essonne, +5,7 % à 2 651
euros dans le Val-d’Oise.
À
Paris, où la part des acquéreurs étrangers est constante
(de l’ordre de 7 % depuis 2001), la hausse annuelle des
prix ressort à 8,3 % (à 5 970 euros) ; elle masque
toutefois de fortes disparités, puisque cinq
arrondissements (les 1er, 2e, 3e, 4e, 16e) ont
enregistré des progressions largement supérieures à 10
%, deux arrondissements (les 6e et 7e) connu des
variations étales autour de 9 %, et deux arrondissements
(les 5e et 8e) vu le rythme d’augmentation annuelle des
prix divisé par deux.
Quant aux maisons anciennes, la progression annuelle des
prix a ralenti, selon les Indices Notaires-INSEE, dans
tous les départements, à l’exception du Val-de-Marne
(+8,1 % à 357 378 euros contre +7,5 %). Modéré en
Seine-Saint-Denis (+6,8 % à 268 055 euros contre +7,2 %)
comme dans le Val-d’Oise (+7,0 % à 283 411 euros contre
+8,0 %), le ralentissement est spectaculaire dans les
Hautsde-Seine (+3,7 % contre +9,2 % au trimestre
précédent, à 515 573 euros).
Au
total, le marché francilien, tout en restant solide, est
confronté à une offre qui n’est pas toujours adaptée aux
besoins en logement des Franciliens et aux moyens
financiers des acheteurs, lesquels sont désormais
souvent composés de ménages déjà propriétaires d’un
logement, dont la revente conditionne l’achat d’un
nouveau bien.
Autrement dit, ce n’est pas tant la demande qui fait
défaut que l’offre qui pèche parfois par manque
d’ajustements. Un prix trop élevé est dissuasif. Au-delà
d’un certain montant, variable selon les départements et
selon la localisation ou l’état d’entretien du logement,
le vendeur ne trouve plus acquéreur. Le marché se heurte
désormais à des effets de seuil et sa régulation souffre
des prétentions excessives de certains propriétaires !
Un retour
possible et souhaitable à la sagesse
Le
tassement relatif qui est aujourd’hui observé dans le
volume des transactions immobilières était inévitable.
Il tient certainement en partie à la hausse relative des
taux des prêts immobiliers, qui est désormais continue
depuis un an, et dont l’incidence est d’autant plus
sensible qu’elle s’applique à des durées de prêt qui se
sont beaucoup allongées au cours des dernières années.
Le niveau atteint par les prix des logements pose
désormais souvent un problème de solvabilité de la
demande.
Structurellement néanmoins, la demande reste supérieure
à l’offre sur tous les segments de marché.
Il est néanmoins fort improbable que la crise
immobilière qui s’est déclenchée outre-Atlantique, liée
à des pratiques spéculatives dans la délivrance des
prêts et à une tradition imprudente d’emprunt à taux
variables, s’étende à un marché français caractérisé par
des prêts à taux fixes et à une pratique bancaire
différente.
Même si la conjoncture actuelle peut conduire les
banques à observer une plus grande retenue, il doit être
rappelé, comme vient de le démontrer le rapport de
l’ANIL, que le crédit immobilier aux ménages est, en
France, relativement peu onéreux, que les banques
accordent des prêts en s’assurant d’abord qu’elles
pourront être remboursées, et qu’elles limitent la
capacité d’endettement de l’emprunteur en fonction de
ses ressources, et non en fonction de la valeur supposée
(et potentiellement variable) des biens immobiliers.
Or, le « paquet fiscal », qui va progressivement entrer
en vigueur à compter du 1er octobre, va réinjecter du
pouvoir d’achat immobilier (déductibilité des intérêts
d’emprunt, allègement des droits de donation,
financement des heures supplémentaires…).
Il
est essentiel que ce pouvoir d’achat supplémentaire ne
soit pas absorbé par la hausse des taux ou la poursuite
de la progression des prix. C’est à cette double
condition que pourront être mis en oeuvre les projets
d’une plus grande diffusion de la propriété et d’une
amélioration des conditions de logement de nos
compatriotes. Mais l’objectif de la stabilisation des
prix de l’immobilier et des taux d’intérêt n’est pas
hors d’atteinte dans le contexte actuel.