2006 en
Ile-de-France
: coup de frein à la hausse des prix
Annoncée à
plusieurs reprises par le notariat, la décélération de
la hausse desprix aura été le
fait marquant de l’activité immobilière en Ile-de-France
en 2006.En effet, si la hausse
des prix a encore légèrement dépassé 10% en 2006, son
rythmes’est atténué sensiblement
à la fin de l’année.Le
fléchissement de la progression des prix s’est
accompagné d’une légèreréduction
du volume des ventes immobilières, notamment en raison
d’unrecul de l’activité au
dernier trimestre. Pour autant le nombre total des
transactions(237 428 ventes tous
biens confondus) s’est situé l’an dernier à un niveau
élevéet, en tout état de cause,
supérieur à celui de 2001 (221 423 ventes), de 2002(228 779) et de 2003 (234 400).
Un haut niveau
d’activité malgré un tassement du nombre des ventes
L’année 2006 s’est
achevée sur un 4e trimestre caractérisé par un tassement
duvolume des ventes.
Il a atteint des amplitudes significatives dans les
départements de la Petite Couronne(-8,5%) comme de la Grande Couronne (-10,2%),
Paris connaissant un repli plus
modéré des transactions (-3,9%) par rapport au 4e
trimestre de 2005.
Il a concerné, dans des proportions variables,
l’ensemble des segments du marché
du logement. Il est sensible dans le secteur du neuf,
que ce soit les appartements
(-12% à Paris, -33,6% en Petite Couronne, -29,7% en
Grande Couronne) et lesmaisons
(-5,5% en Petite Couronne, -7,9% en Grande Couronne).
Mais
le compartiment des appartements anciens, de loin le
marché dominant de larégion, a
bien résisté (-3,9% à Paris, -0,6% en Petite Couronne,
-0,5% en GrandeCouronne).
Le marché
francilien en 2006 est resté néanmoins actif. En effet,
sur l’ensemblede l’année, on
constate un léger fléchissement du volume des ventes :
-5,0% à Paris,-2,5% en Petite
Couronne, -4,5% en Grande Couronne.
Ce mouvement a
concerné aussi bien les appartements anciens situés à
Paris(-3,8% à 36 824 unités), en
Petite Couronne (-0,5% à 44 514 unités) et en GrandeCouronne (-1,8% à 32 201 unités) que les
appartements neufs en Petite Couronne(-12,6% à 10 316 ventes) et en Grande Couronne
(-3,7% à 9 927 ventes) ;
Paris faisant
toutefois exception avec une hausse de 11% sur ce
dernier segment demarché, où il
n’a été conclu, il est vrai, que 787 ventes dans
l’année.
Ce léger repli n’a pas non plus épargné le secteur des
maisons anciennes(-2% en Petite
Couronne à 12 378 unités, -5,3% en Grande Couronne à35 363 unités) comme celui des maisons neuves en
Grande Couronne (-3,3% à3 362
ventes).
Toutefois, ce
panorama général pour l’année 2006 serait incomplet si
n’étaitégalement signalé la
résistance dont ont fait preuve certains marchés, tel le
segmentdes appartements anciens
en Seine-et-Marne (+2,5%) ou celui des appartementsneufs dans le Val-de-Marne (+14,3%), en Essonne
(+12%) et en Seine-et-Marne
(+2,7%). Sans compter les nombreux " micro-marchés " et
niches qui existent toujoursen
périodes de tension sur les prix et permettent de
satisfaire une demande sélective.
Autant de témoignages d’un marché qui est resté actif.
Un
fléchissement de la hausse des prix des logements
Par-delà la
contraction du volume des ventes, le phénomène le plus
remarquable dumarché immobilier
francilien aura été, en 2006, le fléchissement de la
hausse des prix.
Observé au 3e
trimestre, ce ralentissement de la hausse s’est
poursuivi et amplifiéau 4e
trimestre sur l’ensemble des départements et des
segments de marché, comme
l’indiquent les Indices Notaires-INSEE. Lesquels ont
enregistré une progression
atténuée des prix pour les appartements anciens (+1,5% à
Paris au 4e trimestre,contre
+3,1% au trimestre précédent, +0,7% en Petite Couronne
contre +3,2%,+1% en Grande
Couronne contre +2,9%), ainsi qu’une très légère baisse
de prixdes maisons individuelles
en Petite Couronne (-1,9% contre +3,5%) et en GrandeCouronne (-0,7% contre +3,4%).
Il convient néanmoins de voir, dans ces dernières
baisses, un effet de saisonnalité
puisque les prix des maisons individuelles fléchissent
habituellement en période
hivernale.
Cette décélération se retrouve dans les évolutions
annuelles de prix.
Ainsi, la
variation des prix des appartements anciens est passée
l’an dernier sous la barre
symbolique des 10% à Paris (+9,9% contre +14% en 2005),
avec un prix au m2 de5 772
euros. Si la moitié des arrondissements de la capitale
(5e, 8e, 9e, 10e, 11e, 14e,15e,
16e, 17e et 20e) a connu des hausses annuelles
inférieures à 10%, six arrondissementsmanifestent toutefois une certaine résistance, en
affichant des progressions supérieuresà celles de 2005, tels les 1er (+12% en 2006,
contre +11% en 2005), 2e (+15,4% contre+10,9%), 3e (+14,1% contre +10,9%), 4e (+12,4%
contre +9,7%), 6e (+13,7% contre +8%)et 7e (+15,8% contre +11,3%), où l’offre de
logements disponibles à la vente est ténue.
Ce constat vaut
également pour la Petite Couronne (+10,3%, contre +16,3%
en 2005)et la Grande Couronne
(+11,1%, contre +17,3%), où la variation des prix
s’échelonne de+8,7% dans les
Yvelines (contre +14,5%) à +13,7% (contre +21,9%) en
Seine-Saint-Denis.
Les évolutions
annuelles des prix des maisons anciennes, à l’instar des
volumes,ont connu la même
tendance en Petite Couronne (+8,3%) comme en GrandeCouronne (+9,4%), contre respectivement +15% et
+16,3% en 2005.
Le niveau de
hausse des prix, voisin de 10% en 2006, est toutefois
resté élevé comptetenu des prix
aujourd’hui atteints après sept ans de hausse
ininterrompue del’immobilier.
Une offre de
logements nettement insuffisante et inadaptée à la
demande
Le marché
immobilier francilien est en phase d’ajustement. Cette
adaptation devraitse poursuivre
en 2007 dans le sens d’une stabilisation des prix. Il
est peu probableque les prix se
replient cette année. Le niveau de la demande reste, en
effet, trèsélevé en
Ile-de-France. Il demeure supérieur à l’offre. Cette
demande s’est maintenueen dépit
de la vigueur de la hausse des prix et du léger
accroissement des tauxd’intérêt
des prêts immobiliers.
Dans un contexte
où les taux d’intérêt conjugués à un allongement de la
durée desemprunts demeurent à
des niveaux attractifs, seule l’augmentation de l’offre
delogements est de nature à
réguler le marché et à lui permettre de retrouver sonéquilibre. C’est, en effet, par une relance de la
construction neuve, et d’elle seule,que viendra ce second souffle attendu par les
Franciliens.
L’objectif de 60
000 logements neufs à lancer chaque année pendant 10
ans, chiffrépar le Schéma
Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) pour
rattraper les retardsde
production accumulés et satisfaire les besoins présents
et futurs, est certesambitieux.
Il n’en est pas moins légitime compte tenu de la pénurie
qui sévit danstous les
compartiments du logement, qu’il s’agisse du marché de
l’accession à lapropriété comme
du marché de la location privée et sociale.
Mais, une relance
de la construction à un tel niveau ne se décrète pas.
Elle supposela mobilisation de
tous les acteurs de la chaîne du logement et une volonté
politiqueforte pour y parvenir.