La
conjoncture immobilière en île de France - Résultats du 3ème trimestre
2006
La
tendance à la stabilisation se confirme
sans atteindre les performances réalisées en 2004
et 2005, l'immobilierfrancilien
devrait connaître en 2006 un niveau d'activité
comparable voiresupérieur à ce
qu’il fut dans les années 2002 et 2003. Ce marché
toujours actif(180.830
transactions enregistrées au cours des 9 premiers mois)
s’estaccompagné d’un
ralentissement de la hausse des prix, engagé au 2èmetrimestre.
- Fléchissement des
volumes au 3ème trimestre dans un marché toujoursactif
Avec 63.244
ventes conclues au 3ème trimestre dernier, contre 66.324
au coursde la même période de
2005, le volume global des transactions, tous biensimmobiliers confondus, a fléchi de 4,6%. Ce
constat global s’accompagne de
disparités selon les secteurs géographiques de la
région, où il est plus marquéà
Paris (-5,1%) et en Grande Couronne (-6,8%) qu’en Petite
Couronne (-1,6%).
Le marché des
appartements anciens, qui capte près de la moitié des
ventesimmobilières réalisées en
Île-de-France, a connu au 3ème trimestre une légèrebaisse d’activité à Paris (-3,3%), en Petite
Couronne (-4,8%) et en Grande
Couronne (-4,4%) ; les Yvelines étant le seul
département à avoir enregistré
une hausse des transactions (+3,7%).
Les ventes
d’appartements neufs (5 065 transactions) ont, quant à
elles,enregistré une évolution
plus contrastée : dynamique en Petite Couronne(+3,6%), et singulièrement dans les
Hauts-de-Seine (+12,6%) et le Val-de-Marne (+43%), le
marché s’est montré moins actif en Grande Couronne
(-6,1%), à l’exception toutefois de l’Essonne (+39,5%)
et du Val-d’Oise (+27,2%).
Deuxième marché
francilien, le segment des maisons anciennes (15.209ventes au 3ème trimestre) a également fait preuve
de vitalité dans tous les
départements de la Petite Couronne (+4%), mais s’est
contracté dans ceux dela Grande
Couronne (-8,4 %), qui souffre d’une raréfaction de
l’offre deproduits.
La même tendance
est observée, et même amplifiée, pour les ventes demaisons neuves, secteur régulièrement soumis à de
fortes fluctuations enraison de
l’étroitesse de ce marché (942 transactions au 3ème
trimestre), lequela enregistré
une progression de 11,7% du nombre des transactions en
PetiteCouronne et une baisse de
17,4% en Grande Couronne.
Les données
chiffrées provisoires de l’enquête permanente conduite
auprèsdes notaires laissent
entrevoir un niveau d’activité au 4ème trimestre
comparableà celui de 2005.Au total, le marché immobilier francilien aura,
par conséquent, fait preuve, une
nouvelle fois, de dynamisme au cours de l’année écoulée.
-
Ralentissement confirmé de la hausse des prix
Le ralentissement
de la hausse des prix amorcé au 2ème trimestre s’estpoursuivi au 3ème trimestre 2006.
Ainsi, la progression des prix des appartements anciens
enregistrée au 3èmetrimestre
2006 a, en fonction des départements, été divisée par
1,5 ou 2 parrapport aux
évolutions du 3ème trimestre 2005 qui était très élevé.
Selon lesIndices Notaires-INSEE, ils ont en effet augmenté
de 2,9% à Paris, contre+5,3% un
an auparavant, de 2,8% dans les Hauts-de-Seine (contre
+5,6%), de4,3% en
Seine-Saint-Denis (contre +7,7%), de 3,1% dans le
Val-de-Marne(contre +5,3%), de
2,9% en Seine-et-Marne (contre +5,4%), de 2,9% dans lesYvelines (contre +4,9%), de 3,4% dans l’Essonne
(contre +5,6%) et de 3,2%dans le
Val d’Oise (contre +5,5%).
Un tel phénomène
explique que le rythme de progression annuelle des prix
desappartements anciens ait
fléchi sur l’ensemble de l’Île-de-France.
Ce ralentissement
s’impose comme une évidence à Paris, où l’augmentation
de9,9% (contre +15,3% un plus
tôt), passe ainsi, pour la première fois depuis2002, sous la barre symbolique des 10% et
entraîne dans son sillage la moitiédes arrondissements, comme le 7ème (+4%), le 1er
(+6,9%), le 4ème (+8,1%) et le
3ème (+ 9,3 %).
Il en va de même
en Petite Couronne et en Grande Couronne où les prixprogressent respectivement de 11,1% et de 13,3%
(contre +17% et +17,8% unan plus
tôt), même si elles enregistrent de fortes amplitudes
départementales,avec d’un côté
les Hauts-de-Seine (+9,2%) et les Yvelines (+9,9%), où
lesaugmentations sont
inférieures à 10% et, de l’autre, des départements qui
continuent d’afficher des progressions supérieures à
15%, comme la Seine-Saint-Denis (+15,7%, contre +23,8%),
la Seine-et-Marne (+16,2%, contre 19,8%), l’Essonne
(+16,3%, contre +19,8%) et le Val d’Oise (+16,3%, contre
+20,2%).
Le
même constat peut être fait à un degré moindre sur le
marché des maisons individuelles anciennes, qui a
enregistré un ralentissement de la hausse des prix dans
tous les départements de la région, exception faite des
Hauts-de-Seine. Les Indices Notaires-INSEE font état de
progressions annuelles comprises entre 8,5% dans les
Yvelines et 15,6% en Seine-Saint-Denis.
En
conclusion, cette évolution se caractérise par la
poursuite de la progression des prix de l’immobilier à
un rythme qui reste élevé.
- Une exigence : la restauration de
l’offre de logements
En
conclusion de sa note de conjoncture de janvier 2005, le
notariat francilien dénonçait, en ces termes, les
prévisions alarmistes d’observateurs annonçant
l’imminence d’un krach immobilier : « en revanche,
pronostiquer un atterrissage en douceur du marché
immobilier est d’autant plus crédible que les besoins en
logements non satisfaits demeurent considérables et que
le niveau des taux d'intérêt est suffisamment bas pour
écarter tout scénario catastrophe ».
Le
ralentissement de la hausse des prix, observé au 3ème
trimestre 2006, laisse à penser aujourd’hui que le
marché immobilier est engagé dans ce processus de
stabilisation. De même, les besoins en logements, tout
aussi considérables, et le niveau des taux d’intérêt, à
peine plus élevé qu’en 2005, permettent de réfuter avec
la même vigueur toute idée de krach immobilier.
Pour autant, cette régulation du marché ne doit pas
masquer les difficultés auxquelles doit faire face un
nombre croissant de ménages pour se loger en
Île-de-France. Et ce, en raison de la pénurie de l’offre
de logements continuant à sévir sur la région, à
l’origine des fortes tensions sur les prix de ces
dernières années qui, après avoir généré des phénomènes
de migration que l’on connaît, commence à désolvabiliser
les catégories intermédiaires de la population,
notamment.
Pour faire face à cette demande pressante, il est
nécessaire que le marché soit rapidement et durablement
en mesure de proposer des logements à des prix
compatibles avec les capacités financières des candidats
à l’accession à la propriété, sachant que leur revenu
disponible stagne, le taux d'épargne s'érode, le niveau
d'endettement s'accroît, le coût de l'argent cesse de
baisser et la durée des prêts de s’allonger.
Mais cette exigence passe par un préalable : la
restauration de l’offre de logements qui suppose que le
niveau des mises en chantier se hisse, selon les
estimations du Schéma Directeur de la Région
Île-de-France (SDRIF), à 60.000 logements annuels, tous
secteurs confondus et ce, pendant 25 ans, pour rattraper
le retard accumulé depuis une dizaine d’années et
satisfaire les besoins présents et futurs des
Franciliens.
En
attendant les effets d’une relance de la construction
neuve, seule la poursuite de la modération de la hausse
des prix, voire une certaine stabilisation de ceux-ci,
permettra à de nombreux Franciliens de s’insérer dans la
chaîne du logement.