Immobilier :
les administrateurs de biens vers de nouvelles logiques industrielles et
financières
PRECEPTA vient
de publier une étude approfondie sur le secteur des
administrateurs de
biens, après plusieurs mois d’enquêtes, d’analyse et
d’entretiens en face à face.
Voici les principaux enseignements de cette analyse
de 530 pages.
L’administration
de biens, une croissance régulière qui suscite les
convoitises
Le secteur de
l’administration de biens est en pleine mutation,
sous l’effet des stratégies
de restructuration des grands opérateurs
(principalement financiers) qui modifientprofondément les règles du jeu.
Début 2007, les
Banques Populaires ont déboursé la modique somme de
800 millions d’eurospour
acquérir 60,93% de Foncia qui ne réalise pourtant
qu’un chiffre d’affaires de 430 millionsd’euros.
Et le paysage
concurrentiel devrait encore être modifié d’ici la
fin de l’année : - Les Caisses d’Epargne font
une avancée spectaculaire sur le segment de la
promotion etégalement dans
l’administration de biens à travers l’entrée dans le
capital de Nexity, qui sera
entérinée en juillet. - Evénement également très
attendu, le passage de Gestrim-Lamy aux mains d’Icade
dans lecadre de l’accord
entre les Caisses d’Epargne et la Caisse des Dépôts
et des Consignations, la
maison mère d’Icade. Actuellement en cours de
négociation, cette opération, si elle se concrétisedonnera tout simplement naissance au nouveau
numéro 1 de l’administration de biens enFrance.La
multiplication des récentes opérations de fusions
acquisitions laissent toutefois à penser que laconsolidation du secteur n’est pas encore
achevée et que le paysage concurrentiel peut encoreêtre chamboulé au cours des cinq prochaines
années.
Le chiffre
d’affaires des administrateurs de biens résidentiels
: en progression régulière
Precepta prévoit
une croissance de 15% pour le chiffre d’affaires des
administrateurs de biens entre 2007 et 2010.
L’activité de gérance locative continuera sur sa
lancée au cours des prochaines années, s’appuyant
sur des niveaux de loyers toujoursélevés. La progression des mises en chantier
garantira une taille du marché propice à de bons
résultats dans ce domaine.
La transaction continuera de peser dans le chiffre
d’affaires des administrateurs de biens, influencé
par les stratégies de diversificationde plus en plus systématiques des opérateurs
sur ce segment, et ce malgré le ralentissement
attendu du marché immobilier.
En dehors des
cabinets indépendants d’administration de biens, des
filiales de groupes immobiliers, ou de groupes de
services collectifs, la banque-assurance est
également très présente sur ce marché.
L’attrait des
banques pour le secteur de l’administration de biens
s’articule autour de trois objectifsmajeurs :
1. Mettre la main
sur un réseau important de clients et ainsi
multiplier les ventes croisées portant
sur les produits d’assurance, les produits
financiers, les crédits immobiliers, etc. ;
2. Accéder à des niveaux substantiels de trésorerie
et en optimiser la gestion ;
3. Obtenir des revenus récurrents insensibles aux
cycles de l’économie.
Après leur
pénétration dans le non résidentiel, les banques
accentuent ainsi leur incursion dans lelogement. Initialement présentes dans ce
domaine sur le segment du financement, les banques
ontprogressivement élargi
leur champ d’action au sein de la filière.
L’approche devient globale : les banquesadoptent un positionnement multimétiers afin
de pouvoir proposer une réponse à l’ensemble des
besoins deleur clientèle.
Cette prise de contrôle de la filière immobilière
traduit une stratégie de captation de laclientèle et de rentabilisation, via la
systématisation des ventes croisées. Les synergies
en front office entreune
banque et un administrateur de biens sont
marginales. Le nerf de la guerre se situe en réalité
dans leback office.
Pour tous les
opérateurs, le métier d’administrateur de biens est
passé d’un stadeartisanal
dans lequel les fonctions comptables et juridiques
étaient centrales à unstade
davantage focalisé sur l’expertise multimétiers, en
raison de la pression des
marges.
Les marges sont condamnées à rester plafonnées sur
l’activité de gestion. Ces dernières n’ont ainsi quetrès peu évolué au cours des dernières
années.
L’analyse
financière menée par Precepta sur un panel deprès de 900 entreprises met clairement en
lumière la corrélation entre chiffre d’affaires et
résultat net. Lesentreprises
affichant les meilleurs résultat sont ainsi celles
dont le chiffre d’affaires est supérieur à 3
millionsd’euros : ils
affichent un taux de résultat net moyen d’environ
13,0%. Les entreprises de moins de 1 milliond’euros présentent de l’autre côté un taux de
résultat net à peine supérieur à 8%.
Pour améliorer
leurrentabilité, les
administrateurs de biens ont toutefois à leur
disposition un certain nombre de leviers :
1. Augmenter
les volumes pour réaliser des économies d’échelle et
optimiser le back office : onestime les économies d’échelle possibles à
partir de 20 000 lots en gestion. Elles découlent de
lamutualisation des coûts
dans les domaines de l’informatique, le juridique,
la communication, les
ressources humaines ou encore le quittancement.
2. Optimiser
la gestion de la trésorerie : l’analyse
financière menée par Precepta met en lumièrel’augmentation du poids des produits
financiers dans le résultat courant avant impôt avec
la taille. Lesproduits
financiers représentent ainsi environ 30% du
résultat courant pour les entreprises de plus de 3millions d’euros de chiffre d’affaires et 25%
pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est
comprisentre 600K€ et 3M€.
3. Augmenter
les prix et monter en gamme : le mouvement de
remise à niveau des honoraires de
syndic enclenché en 2002 se poursuivra dans les
prochaines années, soutenu par la nature toujourscaptive de la clientèle. Les administrateurs
de biens s’attacheront toutefois à monter en gamme
dans unsecteur très
standardisé et au sein duquel les différences de
services entre les opérateurs sont toujoursdifficiles à cerner pour le client final.
4. Développer
l’activité de transaction : le développement de
l’activité de transaction (vente & location)est privilégié par bon nombre de cabinets
d’administration de biens. Même si elle est
épisodique, ellepermet de
dégager des marges immédiates plus importantes que
celles liées à la gestion. Cette activités’imbrique parfaitement avec celle de gestion
dans la mesure où elle participe à la constitution
duportefeuille de clients
sur ce segment (syndic, gestion locative).
5. Elargir le
portefeuille des métiers : pouvant avoir trait
au conseil patrimonial, l’asset management,l’expertise ou encore le courtage en
assurance, la diversification métiers s’accorde avec
les nouvelleshabitudes
comportementales et les nouveaux besoins des
clients, de plus en plus demandeurs deconseils personnalisés pour la gestion de
leurs biens. Evolution majeure du métier appelée
PropertyManagement, ce type
d’approche est largement répandu en immobilier
d’entreprise et tend à prendre deplus en plus d’importance dans le domaine du
logement.
6. Se
positionner sur un autre segment de marché : les
administrateurs de biens peuvent enfin choisirde se positionner sur un secteur autre que le
logement traditionnel. Du fait des ressources etcompétences requises, la diversification
sectorielle s’adresse cependant aux grands groupes,
ceuxnotamment qui ont une
assise financière suffisante. Elle concerne 4
segments de marché principaux : lagestion et la transaction en immobilier
d’entreprise, la gestion de résidences étudiantes,
la gestion derésidences
services et la location saisonnière.
PRECEPTA,
cabinet d’analyses stratégiques créé en 1985, est
depuis 2004 une division du groupe Xerfi spécialisée
dans les analyses stratégiques et concurrentielles.
Les directeurs d’étude de PRECEPTA sont tous des
experts sectoriels dans leur domaine d’activité.
Le groupe Xerfi est le leader en France des études
sectorielles. Créé en 1993, il publie chaque année
plusieurs centaines d’études sur les secteurs et les
entreprises, en France et dans le monde. Son
autonomie financière (le management, est actionnaire
majoritaire) et son statut de maison d’édition
garantissent une totale indépendance aux travaux qui
sont publiés dans ses différentes collections.