Rapport 2007
de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles
Le présent
rapport s'appuie, comme les années précédentes, sur
les cinq indicateurs prévus par la loi du 1er août
2003 d'orientation et de programmation pour la ville
: l'habitat, l'emploi et l'activité économique, la
réussite scolaire, la santé, la sécurité et la
tranquillité publique. La loi fixe comme objectif à
la politique de la ville la réduction significative,
sur une période de cinq ans, des écarts entre ses
territoires prioritaires, les zones urbaines
sensibles (ZUS), et le reste des territoires urbains
dans les cinq grands domaines précités.
L’année 2006 est à plus d’un titre une année de
transition pour la politique de la ville. 2006
marque tout d’abord la fin des contrats de ville,
couvrant la période 2000-2006, et la préparation des
contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) qui leur
succèdent à compter de 2007. 2006 est aussi marquée
par un fort renouvellement du dispositif de pilotage
national de la politique de la ville avec la
création et le démarrage des activités de l’Agence
nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des
chances (ACSé).
2006 est
également une année de déploiement de plusieurs
dispositifs de la politique de la ville :
instauration par la loi « égalité des chances » de
15 nouvelles zones franches urbaines, progression du
nombre de sites concernés par des projets de
réussite éducative ou par des ateliers santé-ville
et signature de 62 nouvelles conventions de
rénovation urbaine.
D’autres pans des
politiques publiques ont connu des transformations
dont les répercutions seront importantes dans les
quartiers de la politique de la ville. La politique
de l’emploi en est un exemple, avec les nouveaux
dispositifs d’emplois aidés définis dans le plan de
cohésion sociale et mis en œuvre pour la première
année en 2006.
Par ailleurs, en
2006, pour la deuxième année consécutive, 120
millions d’euros supplémentaires ont été répartis
entre les communes éligibles à la dotation de
solidarité urbaine et de cohésion sociale (DSU) dont
plus de 400 comportent une zone urbaine sensible (ZUS)
sur leur territoire.
2006 est également l’année médiane de la période
couverte par la loi du 1er août 2003 d’orientation
et de programmation pour la ville qui fixait comme
objectif à la politique de la ville la réduction
significative, sur une période de cinq ans, des
écarts entre ses territoires prioritaires – les ZUS
– et le reste des territoires urbains dans cinq
grands domaines: l’habitat, l’emploi et l’activité
économique, la réussite scolaire, la santé, la
sécurité et la tranquillité publiques.
Les indicateurs recueillis par l’Observatoire
national des zones urbaines sensibles (ONZUS) pour
son quatrième exercice portent pour la plupart sur
la situation en 2006 : ensemble de l’année pour
certains, situation au 31 décembre pour d’autres,
mais ils n’intègrent que très partiellement les
impacts des mesures les plus récentes concernant la
politique de la ville.
La synthèse présentée ci-dessous
exprime pour le thème de l'habitat, les
principaux constats développés dans le rapport.
L’habitat
L’avancement du
Programme national de rénovation urbaine au 31
décembre 2006.
Au 31 décembre
2006, l’ANRU a engagé 157 dossiers dont la
convention a été signée et 74 dossiers non encore
signés, mais dont la convention est passée en comité
d’engagement. L’ensemble des projets touche 137
quartiers prioritaires et 97 quartiers
supplémentaires pour une population concernée de
1,67 million d’habitants.
Les 157 conventions signées prévoient, dans les cinq
ans suivant la signature, la résidentialisation
d’environ 147 800 logements, 140 500
réhabilitations, 71 800 démolitions et 68 000
constructions. En début de programme le nombre de
démolitions excède celui des constructions, ce ratio
s’inversant dans la programmation à partir de 2007.
Les logements pour lesquels des opérations ont été
engagées avant fin 2006 en ZUS ou en « quartiers
article 6 » dans le cadre d’une convention signée
peuvent être estimés à environ 28 500 démolitions,
19 800 constructions, 40 900 réhabilitations et 36
000 résidentialisations.
Le ratio
constructions/démolitions s’élève ainsi, en cumul
jusqu’à fin 2006, à 70 % pour les conventions
signées. Les trois quarts des constructions sont
financés par des prêts locatifs à usage social
construction-démolition (PLUS-CD), et l’offre
locative ainsi reconstituée est dominée par des
logements de taille modeste (2 et 3 pièces) en
collectif et des 3 et 4 pièces en individuel. Les
opérations conduites dans le cadre de conventions de
rénovation urbaine qui ont été achevées et
financièrement soldées avant la fin de 2006 ne
représentent encore qu’une faible partie des
opérations programmées ; c’est notamment le cas pour
les opérations de construction dont les délais de
réalisation sont par nature plus longs que pour les
autres types d’interventions sur les logements
subventionnés par l’ANRU. Le nombre d’opérations
soldées, disponible pour la première fois sur 2006,
devra faire l’objet d’un suivi dans les rapports
ultérieurs pour évaluer la résorption des décalages
initiaux entre programmation et réalisations.
Si l’on rapproche les rythmes d’engagement des
opérations observées jusqu’à fin 2006 des objectifs
du PNRU actualisés par la loi du 18 janvier 2005, il
apparaît que les opérations engagées à fin 2006
représentent 9% des résidentialisations, 10,2 % des
réhabilitations, 11,4 % des démolitions et 7,9 % des
constructions autorisées par le législateur au titre
du programme. Si l’on se réfère aux seules
opérations effectivement programmées dans les 157
conventions signées, le niveau d’engagement du
programme apparaît plus élevé (24,4 % des
résidentialisations, 29,1 % des réhabilitations,
39,7 % des démolitions et 29,1 % des constructions
programmées).
L’amélioration du parc de logements privés dans les
ZUS
Le nombre de
logements du parc privé situés dans les ZUS et
bénéficiant de subventions de l’Agence nationale de
l’habitat (Anah) a augmenté de 25 % entre 2005 et
2006, soit un niveau comparable aux années 2003 et
2004, c’est-à-dire environ 15 000 logements.
Cette
augmentation concerne davantage les propriétaires
bailleurs (+ 28,7 %) que les propriétaires occupants
(+ 6,7 %). Cependant, ce constat s’accompagne d’une
baisse du montant total des subventions accordées en
ZUS: en 2006, 27,7 millions d’euros ont bénéficié
aux habitants en ZUS, contre 29,3 millions en 2005.
Entre ces deux années, on observe aussi une
augmentation sensible de la production d’une offre
de logements à loyers intermédiaires, qui passe de 1
838 à 4 545 logements dans l’année tandis que la
production de logements conventionnés diminue (–
12,9 %).
Le nombre de logements traités dans le cadre d’un
plan de sauvegarde est quasiment stable entre 2005
et 2006, confirmant la baisse observée depuis 2003
du nombre de logements traités par cet outil de
requalification de copropriétés dégradées. Celles-ci
peuvent aussi être traitées dans le cadre d’Opah
copropriétés. Or le nombre de logements concernés
par cette opération passe, entre 2005 et 2006, de 1
783 à 3 931 logements, accentuant l’augmentation
continue amorcée depuis 2003.
Source :
www.ville.gouv.fr
Ministère du logement et de la ville
Délégation interministérielle à la ville et au développement social urbain
Observatoire national des zones urbaines sensibles