Les projets
d’accession étudiés dans les ADIL en 2007
Près de 16.000
projets d’accession ont été étudiés en2007 dans les ADIL, soit 2.000
de plus qu’en 2006. Lenombre
de consultations préalables à l’accession restetoutefois inférieur à ce qu’il était au début
de ladécennie, en raison
très vraisemblablement de
l’augmentation des prix immobiliers, augmentation
quis’est poursuivie en 2007,
bien qu’à un rythme ralenti.
Or la plupart des projets soumis aux ADIL émane deménages à revenus modestes ou moyens,
catégories quiont vu leur
solvabilité se dégrader sous l’effet del’augmentation des prix.
Les montants
moyens des opérations étudiées restentélevés, même s’ils ont beaucoup moins
augmenté queles années
précédentes, tandis que l'allongement de ladurée moyenne des prêts observé depuis 2001
sepoursuit malgré la hausse
des taux : 55 % des candidats
à l’accession envisageaient, lors de l’entretien, des’endetter pour une durée de vingt-cinq ans
ou pluspour financer leur
projet, alors que ce n’était
pratiquement jamais le cas avant 2000. Les profils
descandidats sont
remarquablement stables par rapportaux trois années précédentes. La structure
des ménagesconcernés
continue toutefois à se déformer lentement,avec une poursuite de l’augmentation de la
part despersonnes seules et
des familles monoparentales, et unediminution corrélative des couples avec
enfants. Lemontant de
l’apport personnel moyen n’a pratiquementpas varié par rapport à 2006, et le taux
d’apport moyenest de l’ordre
de 15 %. La part des projets à apport trèsfaible ou nul, reste élevée mais n’augmente
plus.
La consultation
de l’ADIL intervient toujours à un stadeprécoce, comme l’indique la prédominance desdiagnostics financiers (64 %), dont
l’objectif est dedéterminer
la capacité d’investissement du ménage.Cette prédominance s’explique également par
la partimportante des
projets de construction de maisonsindividuelles, pour lesquels les consultants
cherchent engénéral, avant
d’engager le projet, à évaluer uneenveloppe maximale. De fait, trois
consultants surquatre ont
entrepris leurs démarches depuis moins d’unmois, et pour plus de 60 % d’entre eux, la
visite à l’ADILconstitue le
premier acte dans leur tentative. Cetteproportion, respectivement de 70 % pour lesdiagnostics et de 52 % pour les plans de
financement,s’est stabilisée
après avoir très fortement augmentéentre 1999 et 2002.
Le pourcentage de
projets jugés non viables par lesADIL est en légère augmentation. Il est, fort
logiquement, plus élevé pour les diagnostics (22 %)
quepour les plans de
financement (15 %) qui interviennent,la plupart du temps, à un stade plus avancé
de ladéfinition des projets.
Une population
jeune et de condition plutôt
modeste
93 % des ménages
sont des primo-accédants -
proportion stable par rapport aux années
précédentes.Parmi ces
derniers, le poids des locataires du secteurprivé est largement prédominant, puisqu’il
représente65 % des
primo-accédants. 23 % sont issus du parclocatif social, les 12 % restants étant logés
gratuitementou vivant chez
leurs parents.
Dans le prolongement de l’évolution observée au
coursdes trois années
précédentes, la part relative de
l’accession « familiale » continue à décroître,
quoique moins rapidement que les années précédentes
: encore légèrement majoritaire en 2002, elle est
maintenant largement minoritaire dans l’ensemble des
projets étudiés, puisque seuls 38,7 % des ménages
sont des couples avec enfants, contre 55,8 % en 1999
; la diminution de la part des couples avec deux
enfants et plus (23,4 % contre 34,9 % en 1999) est,
pour l’essentiel, responsable de cette évolution. A
l’inverse, les personnes seules sont de plus en plus
nombreuses parmi les candidats à l’accession (27,8 %
contre 21,3 % en 2003 et 17,0 % en 1999), de même
que les familles monoparentales (10,5 % contre 8,5 %
en 2004), alors que le poids des couples sans
enfants diminue très légèrement après avoir augmenté
de 1999 à 2004. Il s’agit d’une population jeune.
L’âge moyen du consultant, 35 ans, est stable. Les
moins de 30 ans représentent 26 % des consultants,
leur part étant particulièrement importante parmi
les couples sans enfant (47 %) et les personnes
seules (32 %). Elle est en revanche très faible (5
%) dans les familles monoparentales, qui
représentent, il est vrai, à peine plus de 10 % des
candidats à l’accession et sont en général
relativement âgées (60 % ont au moins 40 ans).
La part de l’accession sociale reste faible
Le calcul approché du revenu par unité de
consommation1 (u.c.) de chaque ménage permet, en
quelque sorte, de normer le revenu brut, ce qui
autorise des comparaisons entre des ménages de
composition différente.
Selon le montant de leur revenu par u.c., on peut
donc répartir les candidats à l’accession en quatre
catégories : « très modestes » (moins de 671
€/mois), « modestes » (de 671 à 1 007 €/mois), «
aisés » (1 007 à 1 442 €/mois), « très aisés » (1
442 €/mois ou plus). Les valeurs retenues pour
délimiter chacun des groupes correspondent
approximativement aux quartiles de revenu par u.c.
de l’ensemble des ménages français. La part des deux
tranches les plus basses de revenus, qui avait
régressé de façon spectaculaire dans la première
moitié de la décennie, passant de 53 % en 1999 à 31
% en 2006, s’est stabilisée en 2007. La part de
l’accession que l’on peut qualifier de très modeste
est de 9 % et celle de l’accession modeste de 22 %.
Stabilité du taux
d’apport personnel
Après une augmentation sensible en 2005-2006,
consécutivement à l’ouverture du prêt à 0 % à
l’acquisition de logements existants sans obligation
de travaux, la part de ceux qui s’orientent vers
l’ancien a légèrement régressé. Elle est de 60 %
contre 63 % en 2006.
Le montant moyen de l’opération envisagée est de
134 000 € : il continue à augmenter (+ 2,4 % en un
an), mais à un rythme nettement ralenti par rapport
aux années précédentes. Depuis 1999, la hausse
est de plus de 70 %. Autour de cette moyenne, les
coûts s’étalent, pour l’essentiel, de 75 000 à 200
000 €, la moitié sont concentrés entre 97 000 et 162
000 €. La part des projets dépassant 150 000 €
atteint 37 % de l’ensemble, elle n’était que de 11 %
en 2002. Les projets les moins chers concernent dans
leur grande majorité l’accession dans l’ancien avec
ou sans travaux : c’est le cas pour 76 % des
opérations de moins de 100 000 €.
Le montant de l’apport personnel n’a pratiquement
pas varié : sa valeur moyenne s’établit à 24 000 €.
La part des projets sans apport, qui avait presque
doublé en cinq ans, s’est stabilisée depuis 2005
entre 24 et 25 %. L’apport médian est de l’ordre
de 10 000 €. Les montants moyens des opérations
n’ayant augmenté que modérément, le taux d’apport
personnel moyen n’a que très légèrement diminué.
Compris depuis trois ans entre 14 et 15 %, il est
toutefois inférieur de trois points à son niveau de
2000. Le taux d’apport médian, nettement plus
faible, est de 9 %, alors qu’il était proche de 14 %
en 2000. L’écart entre taux moyen et taux médian
traduit l’asymétrie de la distribution, avec une
concentration importante dans les taux d’apport
faibles ou nuls et un étalement des valeurs élevées
: le taux d’apport est supérieur à 23 % pour un
quart des projets et à 43 % pour 10 % d’entre eux.
Le taux d’apport moyen n’est pas très sensible au
niveau de revenu : il n’est significativement
supérieur que pour les ménages les plus aisés.
L’écart est faible, en revanche, entre les ménages
des trois premiers quartiles de revenu par unité de
consommation. 6 % des ménages disposent d’un apport
immobilier – 2 % d’un logement, et 4 % d’un terrain.
Plus particulièrement, 8 % des ménages qui
envisagent la construction ou l’acquisition d’une
maison individuelle neuve sont propriétaires d’un
terrain. L’apport personnel étant, nous l’avons vu,
pratiquement stable, la hausse des prix se répercute
sur l’endettement.
Les ménages désireux d’accéder à la propriété
doivent emprunter plus et sur une plus longue durée
que précédemment. L’endettement nécessaire à la
réalisation de l’opération s’est encore alourdi, il
représente en moyenne plus de quatre années de
revenu (4,4 exactement), contre 3,2 années en 2000.
Il est d’autant plus lourd que le revenu du ménage
est plus faible. L’écart est important entre les
ménages « très modestes », pour lesquels
l’endettement représente 5,2 années de revenu, et
les « très aisés » (4,1 années). L’augmentation de
l’endettement observée depuis le début de la
décennie concerne au demeurant l’ensemble des
ménages, quelle que soit la tranche de revenu à
laquelle ils appartiennent. 22 % des ménages sur
quatre sont susceptibles de bénéficier de l’APL ou
de l’AL. Ce pourcentage est en baisse régulière : 30
% en 2000, 26 % en 2003, 24 % en 2005. C’est là
aussi un indice du tassement de l’accession sociale.
Le montant moyen estimé de l’aide, 115 €/mois, est
le même qu’en 2002. Pour les couples avec deux
enfants et plus et les familles monoparentales, la
fréquence des aides est sensiblement plus élevée,
bien qu’en baisse régulière : 33 % des couples avec
deux enfants ou plus et 50 % des familles
monoparentales pourraient bénéficier d’une aide d’un
montant mensuel moyen de 138 € pour les premiers et
130 € pour les seconds. Ce type de ménages
représente du reste 62 % des bénéficiaires
potentiels.
Les prêts
continuent à s’allonger
L’augmentation de l’endettement n’est possible que
grâce à l’allongement de la durée de remboursement.
En effet, le montant maximum de la mensualité ne
peut dépasser un certain pourcentage des revenus du
ménage (de l’ordre de 30 % pour la plupart des
établissements prêteurs) : la durée du prêt joue
donc le rôle de variable d’ajustement pour la
plupart des ménages à revenu modeste.
L’allongement des prêts a été favorisé par la baisse
des taux d’intérêt : il est en effet d’autant plus
efficace que le taux est plus bas. Ainsi, lorsque la
durée passe de 15 à 20 ans, pour une même mensualité
on peut emprunter 11 % de plus si le taux est de 10
% et 20 % de plus s’il est de 5 %. La baisse des
taux a donc un double impact : un effet direct sur
la capacité d’emprunt et un effet indirect par le
biais de l’allongement des durées de remboursement.
Déjà très
sensible depuis le début du millénaire,
l’allongement des prêts principaux se poursuit et
tend même à s’accélérer. Minoritaires jusqu’en
2001, les prêts sur 20 ans ou plus interviennent
maintenant dans plus de quatre projets sur cinq.
Plus spectaculaire encore est l’augmentation de la
part des simulations dans lesquels un financement
sur 25 ans ou plus est envisagé : inexistants
jusqu’en 1999, ces projets représentent en 2007 plus
de la moitié de l’ensemble.
La remontée des taux d’intérêt depuis le début de
l’année 2006 (+ 1 % environ) n’a donc pas eu d’effet
sur l’allongement des durées d’endettement. La
stabilisation observée au cours des derniers mois,
conjuguée à la décélération des prix immobiliers,
laisse présager d’un arrêt de la dégradation des
conditions financières de l’accession à la
propriété.
27 % des
candidats pourraient prétendre à un PAS
Dans les plans
de financements étudiés par les ADIL, le PAS est
normalement préconisé pour les ménages qui peuvent y
prétendre, en raison des avantages qu’il présente
pour l’emprunteur (éligibilité à l’APL et
sécurisation). Une forte augmentation de la part des
PAS préconisés avait été observée en 2002,
conséquence de la réforme des plafonds de ressources
intervenue en octobre 2001, qui avait eu pour effet
d’augmenter significativement le pourcentage de
ménages éligibles. Depuis lors, on enregistre au
contraire un recul continu et le PAS est retombé
très en deçà de son niveau de 2001 : la diminution
de la part relative de l’accession sociale, donc du
pourcentage de consultants éligibles au PAS,
explique sans doute pour l’essentiel cette baisse.
Corrélativement, la part des prêts bancaires libres
continue à augmenter : ils sont présents dans près
de deux plans de financement sur trois. Force est
d’ailleurs de constater que, dans les montages
financiers effectifs, l’occurrence du PAS est bien
moins grande que dans les simulations des ADIL : en
d’autres termes, nombre d’accédants éligibles au PAS
financent leur opération avec un prêt bancaire non
réglementé. La complexité, réelle ou supposée, de la
réglementation du PAS conduit de fait souvent les
établissements prêteurs à adopter une tarification
qui incite les emprunteurs à s’en détourner, et à ne
proposer un PAS qu’aux emprunteurs éligibles à l’APL.
Le PAS est particulièrement sous-utilisé dans les
opérations d’acquisition de logements anciens,
probablement en raison de la contrainte que
représente l’exigence d’un état des lieux.