Revenir à l'accueil
         

 

  Accueil > Etudes 2008    
 

Pour les ménages, la recherche du confort prime encore sur les économies d’énergie

 

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les économies d’énergie ont été importantes dans le secteur industriel, mais faibles dans les immeubles d’habitation et de bureaux. Les tendances à consommer moins sont essentiellement le résultat de facteurs structurels de l’économie française et non l’effet d’une transformation des comportements de consommation. En dépit d’une sensibilité écologique croissante, les comportements des ménages ne sont pas encore orientés vers des pratiques économes.

Le succès inégal des politiques de maîtrise de la demande d’énergie vis-à-vis des différents types d’usagers (réussite auprès des industriels, échec relatif auprès des ménages) montre qu’elles n’intègrent pas encore véritablement la logique de comportement des consommateurs et que les instruments de politique publique (fiscaux, réglementaires, de sensibilisation), ne sont pas toujours en phase avec la diversité des comportements des usagers, notamment ceux des ménages.

Comment les politiques publiques peuvent-elles se positionner à l’égard des comportements de consommation des différents agents économiques pour les orienter vers des pratiques plus économes ? Les analyses engagées par le CRÉDOC depuis le début des années 1970 dans différents domaines de consommation à fort impact environnemental (énergie, eau, déchets ménagers) conduisent à penser que la promotion des économies d’énergie passe par des politiques qui prennent en compte les comportements des usagers et structurent leurs pratiques (exemple du tri sélectif des déchets). En revanche, les incitations purement financières ont, sur ces questions, un impact assez faible.

Les ménages contribuent peu à la maîtrise de la consommation énergétique

En trente ans, la consommation d’énergie a connu, globalement, une croissance de 20%: en 1973, lors du premier choc pétrolier, la consommation d’énergie finale s’élevait à 134 millions de Tep; en 2005, elle dépassait les 160 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep).
Cette progression est très variable selon les secteurs de l’économie : elle est principalement imputable aux mutations des secteurs des transports et du résidentiel-tertiaire (immeubles d’habitations et immeubles de bureaux).

L’industrie a en revanche nettement diminué son volume de consommation depuis 1973. Cette baisse est à la fois liée au recul tendanciel du nombre des établissements industriels dans une économie qui se tertiarise (facteur structurel), et à la recherche active d’économies d’énergie par les industriels, via la modernisation des process (facteur technologique).

En revanche, dans le secteur résidentiel- tertiaire, la consommation d’énergie s’est accrue de 21 %. La consommation résidentielle, qui est dépendante des caractéristiques de l’habitat et des comportements des ménages, a augmenté au même rythme que la consommation énergétique totale.

L’analyse de l’évolution de l’intensité énergétique (consommation d’énergie nécessaire pour un niveau de production donnée) confirme ces tendances. Le secteur industriel, pour maintenir son niveau de production tout en faisant des économies d’énergie, a orienté ses efforts vers la baisse de l’intensité énergétique. Au contraire, sur les deux dernières décennies, l’intensité énergétique est à la hausse dans le secteur résidentiel- tertiaire. Or, la part résidentielle du parc de bâtiments représente près de 70 % des consommations énergétiques finales, tandis que les immeubles de bureaux n’en représentent que 30 %, répartis de façon égale entre le parc public (hôpitaux, écoles, bâtiments administratifs…) et le parc privé (bureaux et autres locaux d’entreprises). C’est donc l’habitat qui est en grande partie responsable de l’évolution de l’intensité énergétique sur l’ensemble du secteur.

Un Français consomme chaque année 0,9 Tep dans son logement

Pour analyser les tendances de la consommation énergétique dans l’habitat, les experts recourent à la consommation unitaire d’énergie. Celle-ci est le rapport entre la consommation d’énergie de l’ensemble des bâtiments résidentiels, collectifs et individuels, et la population résidente prise globalement. Est pris en compte l’ensemble des consommations réalisées dans le logement : chauffage, production d’eau chaude, cuisson, électroménager, éclairage, appareillages divers. Elle est exprimée en tonne équivalent pétrole (Tep) par habitant, et corrigée
des variations saisonnières. Entre 1973 et 2003, les consommations d’énergie de l’habitat ont augmenté de +8 %. La consommation moyenne par logement est donc restée plutôt stable, même en corrigeant cette consommation unitaire en fonction de la croissance de la surface des logements, qui se sont dans le même temps agrandis (3,95 pièces par logement en 2003 contre 3,85 en 1990). En revanche, rapportée à l’individu utilisateur, la consommation par tête a augmenté significativement, le nombre moyen de personnes par logement ayant régulièrement diminué (2,34 personnes en 2003 contre 2,51 en 1990).

Le comportement individuel des ménages n’apparaît donc pas orienté vers l’économie d’énergie. Un Français consomme chaque année 0,9 Tep dans le cadre de son logement. Il en consacre plus de 70 % au chauffage, 13 % aux consommations spécifiquement électriques (éclairage, électroménager…), 10 % à la production d’eau chaude et 5% à la cuisson. La part du chauffage tend à diminuer au profit des usages spécifiques de l’électricité (éclairage et alimentation de l’équipement domestique). Les comportements concernant le chauffage établissent clairement que la recherche du confort l’emporte sur le souci de l’économie financière : la température moyenne des logements est passée de 19° à 21° entre 1986 et 2003. Par ailleurs, les consommations d’électricité pour les usages de confort (éclairage, électroménager…) ont fortement augmenté entre 1973 et 2003 (+ 85 % par m2), en raison de la multiplication des appareillages domestiques, télévision, hi-fi, vidéo, bureautique, qui, en dépit de leur faible puissance, consomment une quantité d’électricité conséquente du fait de la multiplication des veilles.

La hausse de la consommation d’énergie dans l’habitat est donc liée à un phénomène de hausse des standards de confort individuels, qui induisent des comportements de consommation peu économes. La compréhension des déterminants du comportement des ménages constitue une boîte noire qui pose des limites à tout exercice prospectif sur les consommations d’énergie. Si les politiques publiques savent jouer sur des variables structurelles connues (normes d’isolation pour les logements neufs…), l’action sur les variables comportementales est plus limitée, et ses effets moins bien maîtrisés.

Télécharger l'étude (format PDF)
 

Source : www.credoc.fr
CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie)

Consommation et Modes de Vie - N° 210 - Mars 2008

Guy Poquet - Anne Dujin

 
   

Chercher dans le site

Imprimer l'article

Conserver l'article

Envoyer à un ami

 
   

 
   

info@mon-immeuble.com

Copyright © 2008 MON-IMMEUBLE,
Dernière modification : 09/04/2008
réalisé par  Sitexpert

Partenaires : | Immobilier | Épargne Logement | Annuaire maison | Marrakech riad | Rachat credit proprietaire | Logement étudiant | Economie & Société