Les
contentieux de la copropriété (1982-2005) : le rapport du ministère de
la justice
En 2005,
33 500 contentieux de la copropriété ont été portés
devant les tribunaux de première instance. Comparés
au nombre de logements en copropriété, estimé à plus
de six millions, les litiges générés par la
copropriété se révèlent être peu fréquents (0,2%).
Le défaut de paiement des charges constitue la
source principale des litiges dont les juridictions
ont à connaître.
Avec
plus de 21 700 demandes, les contentieux de l'impayé
représentent en effet plus des deux tiers des
actions en justice. Les demandes en nullité d'une
délibération d'assemblée générale arrivent en
deuxième position, mais leur nombre est sans commune
mesure avec celui des demandes en paiement (moins de
2 700). Les autres contentieux relatifs aux droits
et obligations des copropriétaires ou à
l'organisation et l'administration des syndicats de
copropriétaires sont marginaux.
En raison de la localisation du parc des logements
en copropriété, les litiges sont très concentrés
géographiquement : la moitié des actions ont en
effet été portées devant les juridictions de la
région Ile-de-France (17% dans le seul département
de Paris) et 20% devant celles de la région
Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
La proportion d’affaires terminées sans que le juge
statue sur la demande constitue un indicateur des
modes de règlement non juridictionnel des litiges
qui ont donné lieu à une instance judiciaire. Près
de 30% des affaires se sont terminées par des actes
qui mettent fin à l’instance, ou qui en suspendent
le cours (désistement, procès verbal de
conciliation, caducité, retrait du rôle,
radiation…). Ces actes révèlent que les parties ont
abandonné l’instance, on peut faire l’hypothèse
qu’elles sont parvenues à un accord.
Les juges sont donc amenés à trancher les litiges
environ sept fois sur dix, en 18,6 mois devant le
tribunal de grande instance, 5 mois devant le
tribunal d'instance et 3,2 mois devant la
juridiction de proximité. Les demandes en paiement
sont rarement rejetées devant le TGI (11%) et le
taux de débouté est encore plus faible devant le
tribunal d’instance et la juridiction de proximité
(respectivement 4,6% et 3,4%), en revanche les
copropriétaires qui demandent la nullité d'une
délibération de l'assemblée générale sont souvent
déboutés (39,8%).
Près d’un tiers des décisions au fond rendues par
les TGI en 2004 ont été frappées d'appel, contre
seulement 4% de celles des TI qui statuent, pour
l'essentiel, sur des demandes en paiement. Près de
la moitié des décisions déférées à la cour ont été
confirmées dans toutes leurs dispositions, 28,4%
réformées partiellement, enfin 21,8% d'entre elles
ont été réformées en totalité. Un procès engagé
devant le TGI se poursuivant en appel dure en
moyenne 38,4mois, soit un peu moins de trois ans.