Les Marchés Immobiliers 2007
et les Perspectives 2008 - Etude du Crédit
Foncier
Un marché
résidentiel marqué, en 2007,
par une stabilisation et une
homogénéisation des prix ainsi que par un
plafonnement des loyers. Un
marché de l'investissement à un niveau record et un
marché desbureaux
franciliens contrasté.
Immobilier
résidentiel : le ralentissement des prix se poursuit
sur le marché de l'accession tandis que le marché de
la location voit les loyers
plafonner.
Marché de l'accession :
poursuite de la stabilisation et homogénéisation des
valeurs.
Sur le marché de l'ancien
:
• 800 000 ventes
• Hausse moyenne des prix en 2007 : 5%
•Prix moyen en centre ville
: 2.200 € à 2.600 €/m2
Avec 800 000 unités, le volume des transactions en
2007 a été aussi significatif qu'en 2006. La hausse
des prix des appartements et des maisons a poursuivi
sa décélération, avec une croissance moyenne de 5 %.
Paris, la Côte d'Azur et les Alpes, portés par la
demande des non-résidents, ont toutefois connu une
hausse plus importante. On note une double
homogénéisation des valeurs. En effet, le
différentiel de prix entre les agglomérations
s'estompe ; il est en de même du prix entre les
segments du marché, les prix de l'ancien progressant
plus vite que ceux du neuf. Ce dernier phénomène
a une incidence sur le profil de l'acquéreur ; par
exemple, à Paris, deux accédants sur trois sont des
cadres.
La plupart des grandes villes affichent ainsi, pour
les appartements en centre-ville, des valeurs
comprises entre 2.200 € et 2.600 € le m2. Marseille
et Lyon restent en tête à plus de 3.000 € le m2. En
Ile de France, la progression des prix moyens
a été plus sensible dans les départements
limitrophes de Paris que dans la grande couronne. La
Seine-Saint-Denis
tutoie désormais la barre des 3.000 € le m2. La Seine-et-Marne
reste le département le plus abordable
à moins de 2.700 € le m2. Paris a franchi le seuil
des 6.000 € en prix moyen. Le 6ème arrondissement,
toujours en tête du classement des arrondissements,
apparaît indétrônable à près
de 9.000 € le m2. Le 19ème arrondissement ferme la
marche à moins de 5.000 € le m2.
Sur le marché du neuf
:
• 127 400 ventes
• 3 000 €/2 : prix moyen d'un appartement neuf, bon
standing en centre ville
• 220.000 € : prix moyen d'une maison individuelle
de 5 pièces.
Le niveau de
commercialisation en 2007 a été exceptionnel
avec 127.400 ventes. Le délaid'écoulement des logements en construction et
livrés est raisonnable avec à peine 5 mois de
ventes. Cependant, les signaux de ralentissement
s'accentuent : accroissement de l'écart entre vente
et mises en vente, +50 % de stocks entre 2005 et
2007, hausse de plus de 10%
du taux de désistement depuis janvier 2007.
En construction collective,
toutes les agglomérations avoisinent ou dépassent
les 3.000 €/m2 (prix dominant) dans les
quartiers appréciés des centres-villes. Lyon se
détache avec une valeur plafond de 4.000 €. La
province se rapproche ainsi peu à peu des
départements de l'Ile-de-France
dont les valeurs moyennes s'établissent entre 3.400
€/m2 (Seine-et-Marne)
et 4.000 €/m2 (Val-de-Marne).
Les Hauts-de-Seine
caracolent toujours loin devant à 5.500 €, sans
espoir de rattraper la Capitale à plus de 7.500 €.
Sur le segment des maisons
individuelles, les prix tendent en périphérie
des agglomérations à s'homogénéiser autour de
220.000 € pour une maison de 5 pièces. Lyon, Bordeaux,
et Marseille sont en passe ou ont franchi la barre
des 300.000 €. Sur le segment des terrains à bâtir
individuels, les prix en valeur dominante
poursuivent également leur progression face à une
offre de plus en plus restreinte. En secteur périphérique
courant, ils ont franchi la barre des 120.000 € à Bordeaux,
Toulouse, Montpellier, Strasbourg
et Lille, et avoisinent les 200.000 € à Lyon et
Marseille.
Forces et faiblesses du marché
de l'accession
Les « + » du marché de l'accession
Les « - » du marché de l'accession
Forte demande structurelle de logements
Remontée des taux d'intérêt
Offre de financements sur une longue
durée (21,5ans
en moyenne)
Stabilité des
ménages atteinte
Politique fiscale incitative (Robien
et Borloo)complétée par la loi TEPA
du 21/08/2007 sur ladéductibilité fiscale des
intérêts d'emprunt.
Production bancaire moins vigoureuse
suite aux
soubresauts des marchés financiers de
ces deniers mois.
Marché locatif : des
loyers nul plafonnent
• 300 € à 350
€/m2 : loyer moyen
d'un studio
• Moins de 3 % : hausse moyenne annuelle des loyers
Le marché locatif en 2007
a connu, bien avant le marché de l'accession, un
fléchissement dans la progression de ses valeurs et
un nivellement de celles-ci entre les quartiers,
certaines communes et agglomérations. En
centre-ville de la plupart de ces dernières, les
loyers mensuels des studios oscillent entre 300 et
350 €.
En retrait par
rapport à 2006, l'inflation ne semble pas
avoir excédé en 2007 la barre des 3%. Cette moyenne
recouvre naturellement de fortes disparités selon
les régions : si la majorité d'entre elles
progresse, un bon tiers stagne (Ouest)
ou baisse (Sud Est, Alpes). L'Ile-de-France
reste la région avec la plus forte progression en
moyenne (+ 4%). Signe d'un plafonnement des valeurs
locatives, certains propriétaires n'appliquent plus
l'indexation des loyers et des relocations
s'effectuent aux mêmes conditions que le bail
antérieur. La colocation se développe, notamment en
Rhône-Alpes (Grenoble,
Chambéry,
Lyon, Annecy). Aujourd'hui,
la hausse des loyers est moins liée au jeu du marché
qu'à l'application de
l'indice d'indexation (IRL)
et l'amélioration de la qualité d'une partie du parc
: la production neuve déqualifiant une partie du
parc ancien qui vient alimenter l'offre en
accession.
Les perspectives 2008 sur
le marché immobilier résidentiel
En dépit d'une
activité transactionnelle encourageante en 2007 dans
le neuf et dans l'ancien, l'essoufflement du rythme
des ventes et des prix, entamé en 2006, est
inéluctable sous la pression de plus en plus forte
des contraintes budgétaires des ménages et de la
remontée des taux d'intérêt de crédit immobilier, au
surplus dans un contexte macro-économique
incertain. L'évolution de la production de logements
neufs doit être placée sous vigilance pour éviter la
saturation sur certains secteurs géographiques.
Le marché locatif, quant à lui, devrait encore subir
les effets d'offre excédentaire en produits
défiscalisants ou inadaptés à la demande.