INTERVIEW DE Mme. Janine LE CALVEZ
Présidente de l'association PRIARTéM

Les antennes relais de téléphonie mobile sont indispensables pour le bon fonctionnement des portables mais elles ne doivent pas être implantées "sauvagement" au détriment des riverains.

C'est pourquoi "PRIARTéM" se bat pour exiger que les opérateurs soient soumis à des règles
respectueuses des conditions d'environnement sanitaires et esthétiques. Le sentiment d'injustice, d'agression, les colères, les doutes, les peurs... témoignés de toute la France par les riverains font la matière et la justification de cette action.


Présentez-nous votre association, combien avez-vous d'adhérents, qui sont-ils ?

Notre association a été créée en octobre 2000 afin de fédérer les particuliers ou associations confrontées à une implantation litigieuse d'antennes-relais de téléphonie mobile, le litige se fondant tant sur les questions de santé que sur les questions esthétiques liées à ces implantations et s'accompagnant toujours d'un déficit de concertation. Il est difficile de comptabiliser les adhérents, certaine associations regroupant elles-mêmes plusieurs dizaine voire plusieurs centaines d'adhérents. Nous pouvons plutôt compter le nombre de sites litigieux que nous suivons : plus de 300.

L'un des aspects spécifiques sans doute de notre association est qu'elle rassemble sur un objectif commun l'ensemble des composantes de la société française tant du point de vue des statuts sociaux et professionnels, que de celui des générations ou encore de la distribution régionale.

Comment vous situez-vous , comme une association de défense du consommateur, comme une association de défense de l'environnement et de l'amélioration de l'habitat ? Êtes-vous en relation avec les services administratifs concernés ?

La question qui nous intéresse concerne à la fois les problèmes de santé publique, de défense de l'environnement et de respect du citoyen. Nous ne nous classons dans aucune des catégories que vous proposez et dans toutes à la fois. Nous nous situons sur un terrain politiquement et économiquement particulièrement sensible. Nos relations avec les instances politiques et administratives concernées
dépendent donc de l'évolution des rapports de force sur ce dossier.

Donnez-nous des exemples de causes que vous avez défendu et sur lesquelles vous avez pu agir concrètement.

Malgré le verrouillage technique et politique, lorsque nous sommes avertis des problèmes avant l'installation des pylônes et antennes, notre marge de manoeuvre est plus grande. Les particuliers et associations que nous fédérons, soutenus par nos interventions ont ainsi à leur actif plusieurs décisions de réforme des projets d'implantation (abandon ou déplacement). Lorsque les équipements sont
en place la lutte est beaucoup plus longue et plus difficile et peut nécessiter des recours devant les juridictions compétentes.

Quelles sont les actions que vous entreprenez actuellement ? quels sont vos domaines d'interventions prioritaires?

Nous agissons essentiellement en direction des élus et des pouvoirs publics. Nous avons ainsi soutenu la démarche législative des parlementaires. Les nombreuses démarches tant locales que nationales en direction des maires, principaux élus directement concernés, ont débouché sur la définition, par un certain nombre d'entre eux, de réglementations locales d'implantation soit sous forme d'arrêtés municipaux, soit sous forme de disposition au sein de leur POS. Actuellement nous prenons des contacts tout à fait positifs avec des associations soeurs dans les autres pays européens afin d'organiser un mouvement commun en direction du Parlement européen.

Que pensez-vous de la circulaire du 16 octobre 2001 relative à l'implantation des antennes relais de radiotéléphonie mobile ? pensez-vous que ces réglementations soient suffisantes ?

Alors que nombre de nos voisins ont pris des dispositions
législatives spécifiques, alors que les parlementaires proposaient d'en faire de même en France, le gouvernement a décidé de légiférer de façon autoritaire. La circulaire interministérielle du 16 octobre 2001 s'inscrit dans cette démarche. Elle vise, sous couvert de traduire une directive européenne, à reprendre les normes inscrites dans la recommandation européenne. Ces normes, qui ne tiennent compte que des effets thermiques sont scandaleusement élevées. Elles ont pour objet de permettre aux opérateurs de déclarer à tout citoyen riverain qui se plaint : " vous voyez nous sommes dix fois, vingt fois, au-dessous de la norme, vous n'avez donc pas à vous plaindre et nous, nous n'avons rien à nous reprocher". Nous ne comprenons pas que le gouvernement français, après les nombreux scandales de santé publique qui ont défrayé la chronique dans un passé récent prenne un tel risque. On peut vraiment se demander si, sur ce dossier, nos gouvernants sont correctement conseillés.

Pour notre part, nous continuerons à agir pour qu'une loi qui porte sur l'ensemble des dimensions de ce dossier (sanitaire, esthétique et citoyenne) soit débattue et votée par le Parlement le plus rapidement possible.

P.R.I.A.R.Te.M.
9, rue Jean-François Gerbillon - 75006 Paris
Tél. / Fax. : 01 42 22 25 38
www.priartem.org
Email : assoc@priartem.org

Bureau :
Présidente : Janine Le Calvez - Trésorière : Brigitte Menoux - Secrétaire : Chantal Cicé

 

Fermer la fenêtre

Revenir au site Mon immeuble