Le coût des actes notariés
en France freine l'accession à la propriété immobilière et à
l'investissement immobilier. La partie de ce coût revenant aux notaires
est d'autant plus sensible que les droits de mutation ont été réduits
par l'Etat.
Pour l'achat d'un logement ancien en copropriété de 200 000 Euros, les
émoluments proportionnels du notaire s'élèvent à 2 320 Euros TTC et les
honoraires fixes au moins à 600 Euros TTC (1,46 % au total).
On constate que les recherches pour réduire ce coût ou mieux éviter le
passage chez le notaire, professionnel souvent lent et chiche de ses
informations à destination de l'acquéreur, ne sont pas nombreuses.
Il faut noter toutefois une récente question du député Arnaud Montebourg
au garde des sceaux pour demander s'il est envisagé de réduire les frais
du notaire quand son rôle se réduit à recevoir le dépôt de l'acte de
mutation immobilière établi par les parties elles-mêmes ou leurs
conseils en la forme sous seing privé.
La réponse négative donnée
est ahurissante. Selon le ministre, l'activité des officiers
ministériels est, en pratique, répartie entre des prestations onéreuses
portant sur des opérations concernant des montants élevés et des
services peu facturés relatifs à des opérations de faible importance.
Pour le même, le barème des émoluments est précisément déterminé de
manière à répercuter une partie du prix des services peu facturés sur
les prestations portant sur des montants plus élevés. Il faudrait que le
ministre explique ce que sont les opérations de faible importance, par
exemple pour un notaire parisien, et pourquoi cette exception au
principe que le bénéficiaire doit payer le service qui lui est rendu et
non celui fourni à d'autres.
Une autre initiative pourrait avoir plus de chance. Elle émane d'une
association qui la détaille sur son site (www.jurisprudentes.org).
L'association rebondit sur
une définition donnée par l'administration fiscale du contrat judiciaire
: "il s'agit notamment des ventes que les parties ont librement choisi
de réaliser sous la forme judiciaire ou encore de celles qui sont
consécutives à un litige dans lequel une des parties demande en justice
la réitération ou la réalisation en la forme authentique des actes en
cause" (instruction du 14 août 1998, BOI 10 D-2-98).
Si les parties à une vente immobilière choisissent la voie judiciaire,
gracieuse ou contentieuse (la simulation est permise en cette matière),
leurs avocats auront donc la possibilité d'établir l'acte et de demander
son homologation par le tribunal. L'inconvénient résultant de la lenteur
devant certaines juridictions serait, si nécessaire, comblé par une
publication foncière de l'assignation ou de la requête, assurant ainsi
une prénotation au fichier immobilier. Des honoraires seront dus aux
avocats mais ils seront proportionnels aux services rendus et non au
prix, et négociables.
Bien que l'instruction ministérielle remonte à plus de cinq ans, il
semble que ni les particuliers ou entreprises, ni les professionnels de
l'immobilier, ni les avocats, ne se soient précipités dans la brèche
révélée au monopole des notaires. Mais il n'est pas trop tard et la
pression de la Direction générale concurrence de la Commission
européenne qui commence à s'intéresser aux professions libérales et
celle des groupements de consommateurs pourraient être déterminantes.
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Association Juris Prudentes
70400 Étobon
65000 Tarbes
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